Pendragon – Men Who Climb Mountains

Pendragon Men Who Climb Mountains

10eme album de Pendragon, « Men Who Climb Mountains » avait, avant sa sortie, suscité les passions, rien qu’avec sa pochette ! Celle-ci est en effet très différente des autres, et surtout très éloignée de l’imaginaire développé dans leur première partie de carrière. Dès 2005 avec « Believe« , Nick Barrett avait embarqué son groupe vers une modernisation accrue de son univers, reléguant les solos de claviers de Clive Nolan au placard au profit de nappes atmosphériques discrètes. C’en était fini du Pendragon onirique et planant, et débutait alors une nouvelle ère plus « réaliste » et pleine de réflexion. Mais résultat, « Believe » avait divisé les fans. Il faut dire qu’il n’était pas facile à digérer, surtout après le splendide « Not Of This World » qui marquait une étape décisive quant à la production sur cet opus. De même, il ressemblait plus à un solo de Barrett plutôt qu’à un vrai Pendragon, et l’ensemble manquait largement de mélodies et de moments forts. Puis vient « Pure », qui remit tout le monde d’accord : le Pendragon nouveau s’est enfin stabilisé et cette modernité, qui faisait craindre le pire pour l’avenir du combo, s’est avérée comme une source d’inspiration bienvenue. Scott Higham remplaçait Fudge Smith à la batterie et apportait aux concerts une gaieté que l’on ne voyait que chez Spock’s Beard, Higham se construisant un public avec qui il interagissait pendant les morceaux. « Passion » ensuite, un cran en-dessous, plus axé metal, ne convainquait qu’à moitié malgré de très beaux moments.

Exit Scott Higham, peut-être trop rigolo au sein des sérieux Pendragon, et arrivée du plus discret Craig Blundell, qui fait un très bon travail sur ce « Men Who Climb Mountains ». Cet opus, qui rejoint la qualité de « Pure » et la dépasse, ménage certaines références au passé plus lointain. L’album est beaucoup moins dans la colère que « Passion », et revient à un son planant et atmosphérique, sans bien sûr dénigrer les tempos rapides. Les solos de guitares réapparaissent également plus fréquemment, ainsi que l’acoustique, plus organique. Clive Nolan continue son travail sur les ambiances, tandis que Peter Gee diversifie son jeu de basse, ce qui est donc très bon signe. Dès l’ouverture avec « Belle Ame » et l’arrivée d’une mélodie imparable qui sera développée sur « Beautiful Soul », on retrouve ce que l’on aime chez Pendragon, ce savoir-faire technique qui nous embarque dans des morceaux de grande qualité. « Come Home Jack » avec deux splendides solos de guitare comme seul Nick Barrett en a le secret, et sa suite planante « In Bardo » (et encore une autre partie fabuleuse de guitare) bâtissent une atmosphère où l’on aime se perdre, typique du son Pendragon.

Pendragon 2014

Avec « Faces Of Light », on se croirait revenu à l’époque de « Not Of This World », avant d’enchaîner sur une partie que n’aurait pas renié Anathema dans leurs derniers albums. Sa suite « Faces Of Darkness » est moins convaincante, rappelant « Passion », mais sur lequel le talent de batteur de Craig Blundell éclate. « For When The Zombies Come », travaille une guitare très Pink Floydesque pour un morceau plaisant. « Explorers Of The Infinite », avec une première partie évoquant en echo « Entangled » de Genesis, s’étale sur 11 minutes et propose un climat mélodique agréable et efficace. Quant à « Netherworld », il revient aux heures de gloires passées, avec ce son proche de Pink Floyd, et un rock évolutif vraiment très bon.

C’est donc la principale caractéristique de « Men Who Climb Mountains » : Nick Barrett est arrivé à concocter un mélange satisfaisant entre modernité réaliste et envolées planantes, reprenant le meilleur des deux époques. Franchement bon, l’album ne pourra que convaincre les fans partis après la déception « Believe ». Comme sur la pochette, Pendragon est peut-être arrivé à un sommet.

Fred Natuzzi (9/10)

http://www.pendragon.mu/

Men Who Climb Mountains
Pendragon
2014
Pendragon Music

2 commentaires

  • Jean-Michel

    Difficile à apprivoiser , cet album se dévoile aux fils des écoutes pour notre plus grande satisfaction . Mention spéciale au magnifique « In Bardo  » . Le duo Nolan-Barett est toujours aussi talentueux !

  • Bertrand

    Deuxième écoute : un chef d’oeuvre ! J’adore « Pure », j’aime moins les premiers albums. Quel talent et quel travail!

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