O-kok – Rebirth

O-kok – Rebirth

Derrière le mystérieux pseudonyme O-Kok, se cache Christophe Prillot, un artiste de la scène électro  basé à Paris, qui vient tout récemment de publier un court EP sur le label Roxxx, spécialisé dans le genre. Deux petits titres seulement sont au programme de « Rebirth », mais des compositions qui auront su attirer toute notre attention et notre intérêt, de par une esthétique sonore que nous affectionnons tout particulièrement, ainsi que des qualités de production évidentes ! Fort d’un CV musical assez impressionnant, avec un parcours dans le vaste univers des musiques électroniques qui débute à l’aube des années 90, O-Kok se produit régulièrement dans bon nombre de clubs parisiens (il deviendra un peu plus tard artiste résident au Gibus), où il croise de nombreux alter-égos de cette même galaxie « techno-trance », avec à la clef diverses prestations live, seul à la barre ou en collaboration. Son œuvre en solitaire, protéiforme et riche de nombreuses influences musicales, navigue entre techno minimale et déferlements de beats plus agressifs, résolument hardtek, ou flirtant parfois avec le hardcore.

A travers « Rebirth », O-Kok nous propose très certainement le versant le plus soft et « downtempo » de son travail sur lutherie numérique, en nous offrant deux petites perles technoïdes, qui soignent tout autant l’ambiance que la mélodie. « L’écorchée Vive » nous plonge dans un véritable bain de nostalgie analogique, ce titre à l’orientation old-school évoquant tout aussi bien les débuts de Depeche Mode (les voix en moins), que le Tangerine Dream post-« Stratosfear », ou encore le Kraftwerk période « The Man Machine »/ »Computer Word ». On y retrouve cette même impression habilement suggérée que des machines autonomes s’essaient à générer leur propre musique pour exprimer des émotions humaines, à commencer ici par la mélancolie !

Avec « Invaders », O-Kok explore encore d’autres voies, plus planantes, atmosphériques et cinématiques à souhait. Cette très belle composition basée sur une ligne séquentielle hypnotique renvoie clairement à l’univers SF de John Carpenter, un peu à la manière du cultissime duo américain Zombi, inspiré de cette même culture série B horrifico-fantastique. Enfin, plus flagrant encore, le morceau ressemble comme deux gouttes d’eaux aux bandes originales « ambient-post-rock » des fameux « 28 Jours » et « 28 Semaine Plus Tard » (géniale franchise créée par le réalisateur anglais Danny Boyle) et leur délicieuse atmosphère de fin du monde, si je puis m’exprimer ainsi.

En bref, il semblerait que cet EP, fascinant mais bien trop court, dénote assez clairement avec l’univers habituel de son prolifique géniteur, bien plus destiné à nous « remuer » physiquement que mentalement. Quoi qu’il en soit, un album entier de cette trempe serait plus que le bienvenu, et je ne saurais qu’encourager O-Kok à naviguer dans ce sens, car si « Rebirth » nous a mis en appétit, il y a là aussi un vrai goût de pas assez. Espérons donc qu’un tel projet verra le jour prochainement. La rédaction de Clair & Oscur, elle, l’attend déjà de pied ferme !

Philippe Vallin (7,5/10)

EP en écoute intégrale ici :

https://soundcloud.com/roxxx/sets/rebirth-ep-roxxx

OKok.jpg

http://www.roxxx.eu/

Rebirth
O-kok
2013
Roxxx

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