Neal Morse – ?

Neal Morse – Question Mark

Neal Morse l’a fait. Le cinquième album solo est le bon. L’ultime. Le grand. Le meilleur. L’indépassable. Enfin, qui sait ?! Vous l’aurez compris, je ne vais pas mettre de gants : cet album est un chef-d’œuvre. 56 minutes de pur bonheur. 1 long morceau divisé en douze parties, douze étant un chiffre symbolique dans la Bible. « ? » ou comment faire d’un thème biblique un album prog dans toute sa splendeur ! Et l’on sent Neal plus libre dans sa démarche musicale qu’avec « One » par exemple, où chaque titre se suffisait à lui-même. Ici, les morceaux sont d’une fluidité extraordinaire, menés par un rythme trépidant, la musique resplendit, virevolte dans tous les sens, va explorer chaque recoin de la créativité artistique de l’artiste, et l’on reconnaîtra un poil de Spock’s Beard par ci, du Transatlantic par là, du Neal Morse solo encore là, comme si toute l’œuvre de Neal tendait vers cet album dont le thème se rapproche encore une fois de la foi personnelle de son auteur. Le Tabernacle est le lieu qu’avait commandé Dieu à ses fidèles (avec des descriptions ultra précises) afin de les « rencontrer » sur Terre. Lorsqu’il fut construit, les fidèles ainsi que tous ceux qui choisissaient d’y pénétrer, laissaient Dieu entrer dans leur cœur. C’est du point de vue d’un homme témoin de la construction du Tabernacle qu’est relatée cette histoire. Et cet homme, c’est Neal lui-même, une belle mise en abîme de sa transition homme pêcheur/homme nouveau.

Alors on peut être allergique à ce discours chrétien, mais la musique est sublime. Pour cela, Neal s’est entouré à nouveau de Mike Portnoy et de Randy George, co-responsables de la partie instrumentale de « 12 » et de « The observer ». Mais il a aussi fait appel à des invités de marque : l’étonnant solo (on ne l’en pensait plus capable) de Steve Hackett sur « 12 » est à tomber et rappelle la gloire de Genesis, le saxophone de Mark Leniger, surprenant, marque des pauses bienvenues et originales, Jordan Rudess nous gratifie de solo étourdissants de virtuosité ; quant à Roine Stolt, il est présent sur quasiment tout l’album et Al Morse fait un solo ou deux ainsi que certains chœurs. On trouve dans ce disque quelques parties instrumentales parmi les plus furieuses jamais écrites par Neal Morse. « ? » est finalement une symphonie pleine d’amour pour la vie et pour la musique, pour Dieu aussi bien sûr. Avec ce disque, Neal Morse est le Cecil B. Demille de la musique prog. Grandiose, extraordinaire, en cinémascope évidemment. Du grand art, chapeau bas.

Fred Natuzzi (10/10)

Site web : www.nealmorse.com

 

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Neal Morse
2005
Inside Out

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