Natas Loves You – The 8th Continent

Natas Loves You - The 8th Continent

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté un album qui me donne la pêche et que j’ai envie de remettre illico une fois terminé ! C’est le cas de ce « The 8th Continent » des français Natas Loves You. Enfin, français, pour un membre seulement, car l’ensemble est multiculturel : ils ont des origines finlandaises, américaines et espagnoles, et ils se sont rencontrés … au Luxembourg ! Leur musique est un mélange d’influences diverses, de l’electro à la pop, en passant par le disco ou la soul. Un melting pot moderne, gorgé d’énergie et de vitalité, qui fait du bien non seulement aux oreilles pour les mélodies d’une efficacité redoutable, pour les arrangements classieux et la musicalité imparable de l’oeuvre, mais aussi à l’âme, avec un univers qui nous transporte bien loin. Mais attention, sous ces aspects dansants et enjoués se cachent aussi des interrogations existentielles, comme une fin de cycle, une insouciance qui s’en va. C’est d’ailleurs, au-delà de la musique, un intérêt majeur qui donne une couleur supplémentaire à cet album.

Dès l’intro de « Horizons », avec ce piano classieux intrigant qui se mue dans l’electro, on est pris par une intensité qui ne faiblira jamais. Et ce son impose de suite une marque de fabrique, un ton, qui sera cohérent tout au long de l’album. Saluons d’emblée les talents aux claviers de Pierre-Hadrien Trigano qui emmène vers des contrées synthétiques ces tessitures chaudes créées par les guitares virevoltantes de Joachim Masson, et la voix assurée d’Alain Schuman qui enveloppe les mélodies d’une parfaite aisance et efficacité. La rythmique sur l’énorme « Got To Belong » est impressionnante, Joonas Jaatinen à la batterie assure des plans complexes, tandis que le bassiste Virgile Arndt finit d’asseoir un jeu détonnant. Le refrain imparable de « Zeppelins » devrait devenir un standard, et ses arrangements classieux, lounge et ensoleillé, invitent à s’évader. Un hit en puissance.

Natas Loves You Band

Le trip continue avec « Skip Stones », single évident, que n’aurait pas renié une Sade discoïde. A noter que ces deux derniers morceaux pourraient très bien être entendus dans les génériques télé genre canal +, tellement ils magnétisent un instant de modernité mâtiné de nostalgie seventies. Arriver à faire cela dans un premier album, c’est tout bonnement énorme. « Scarlett Brown » propose des claviers plutôt étonnants, qui pour le coup font très anglais. « Amazon » calme le jeu avec un titre plus aérien, avec encore une fois des claviers excellents rappelant cette fois les années 80. Pour « Go Or Linger », avec une basse mise en avant, les voix qui se répondent dans une dynamique imparable, on tient un nouveau grand moment.

« Sirens » montre qu’un morceau chez Natas Loves You est toujours travaillé au maximum pour que tout le monde s’exprime. Le groove de « If They Follow » est hypnotisant, avec encore un super jeu de claviers, et une guitare surprenante. Comme si des folkeux s’étaient laissés aller à brancher leurs instruments. « Game Of Tribes » est assez intense, tandis que « The 8th Continent » achève le voyage en martelant ses mots, en s’arrêtant au bord du canyon et en fixant l’horizon.

Natas Loves You nous apporte un vent de fraîcheur qui décoiffe, une électro pop décomplexée, une énergie revitalisante, et une invitation à se projeter dans un univers familier et moderne. Et comme des papillons, personne ne pourra résister à la lumière qu’ils dégagent, pris par l’addiction des musiques et l’appel de ces grooves séduisants et diaboliques. Un groupe de jeunes à encourager et à suivre de très près…

Fred Natuzzi (9/10)

http://nataslovesyou.com/

The 8th Continent
Natas Loves You
2015
Wagram

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