Naná Vasconcelos n’est plus

Nana Vasconcelos

Âgé d’à peine 12 ans, je découvre le monde fabuleux de Jan Garbarek grâce à la médiathèque de prêt de ma commune. Fasciné par les ambiances que crée ce saxophoniste hors-pair, je décide de fouiller davantage dans cette île aux trésors à laquelle s’apparente le label allemand ECM. Un nom revient souvent, celui de Naná Vasconcelos (1944 – 2016). On le voit crédité aux percussions mais également à la voix. Apportant une couleur ethnique et un supplément d’âme aux atmosphères intrigantes et éthérées des artistes du label sus-cité, sa sensibilité et son talent surent me conquérir d’emblée. Je découvris plus tard que son CV ne se limitait pas au label allemand, car ses premiers pas dans la musique impliquèrent des collaborations avec un autre saxophoniste de talent, l’argentin Gato Barbieri, et avec les compatriotes brésiliens Os Mutantes et Milton Nascimento. Un parcours sans faute pour un musicien qui a traversé les décennies sans se soucier des tendances du moment, tout en restant modeste malgré un talent incommensurable. Il aurait eu bien d’autres moments à partager avec nous, mais le temps en a décidé autrement. Assurément, le monde de la musique se remettra difficilement de la perte d’un homme qui faisait vibrer la corde de son berimbau fétiche avec autant d’amour que ses cordes vocales.

Lucas Biela
Pour la rédaction de Clair & Obscur

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