Melvins – The Maggot/The Bootlicker/The Crybaby

Melvins – The Maggot/The Bootlicker/The Crybaby (Ipepac Recordings 1999-2000)

Melvins-The Maggot

Pour réussir une trilogie branquignole, sortie en l’espace de six mois, sortez vos tabliers, toques Master-chef, ustensiles divers en inox et autres casseroles et cocotes garanties de chez Darty. Ici, la délicieuse Maïté et son inspiration dégoulinante sont bâillonnées, ligotées et enfermées dans un placard soudé (mon oreillette me dit qu’une armoire a été aperçue récemment au large de l’océan Atlantique). Attention, cette recette se fait en trois étapes : préchauffez le four à 200, sortez couteaux, sel et beurre, allumez le gaz… Pour commencer, prenez un bon gigot « The Maggot ». Avec votre couteau, coupez de belles tranches de rock bien lourd et pesant (15 ou 16 pour les grandes veillées). N’enlevez surtout pas le gras, malheureux ! C’est ce qui fera ressortir le goût punk de la viande, et n’oubliez pas le sel. Mettez le gigot au four, so doom avec fines herbes, après avoir tartiné de moutarde. Laissez cuire pendant 40 minutes, juste ce qu’il faut pour qu’une sauce un peu indus soit épongée par la viande.

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Ensuite, prenez les légumes « The Bootlicker ». C’est ce qui rendra l’ensemble plus posé, plus sucré amère, mais n’en mettez pas trop, et suivez bien la recette, sinon ça risque d’étouffer la chair. Les légumes, coupez-les en fines tranches avec blues et fausses mélodies, et faites les revenir à la poêle. N’allez quand même pas de main morte sur l’huile, sinon ça attache. Le plein de saveur se fera sentir bien assez vite, croyez-en mon expérience. Vous aurez l’impression de faire un p’tit quelque-chose d’expérimental, à vous foutre une excitation de tous les diables. C’est rigolo. Mais ne nous égarons pas… Afin de parfaire la recette, voici la cerise sur le gâteau, aussi bon que de prendre du sucre vanillé avec le doigt. C’est comme une sorte de pâtisserie avec moults ingrédients et bonus. Beaucoup de crème rock-punk, bien touillée, du chocolat jazz, avec noix de pécan stoner éparpillées par bonnes poignées.

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J’espère que les courses ont été faites, parce que sans ces ingrédients, votre recette sera aussi digeste qu’un doubitchou de Sofia. Non, le « The Crybaby » nécessite des invités, du Helmet, du Brutal Truth, du Jesus Lizard aussi, ou encore du Tool. Et là, touche finale : un enrobage de glace vaguement country-indus sponsorisé par Buzz Osbourne. Servez chaud, couverts mis, nappe à fleurs jaunes, roses et orangées, invités installés, serviette nouée. Impossible de se retenir, c’est fameux ! Dernière précaution après avoir nettoyé, essuyé, rangé, recollé, changé, jeté vos ustensiles et astiqué la chaîne, passez un coup d’éponge sur la table, de karcher sur les murs, et prenez contact avec votre fournisseur Cuisinella après les pompes funèbres. La cuisine nécessitera quelques travaux peut-être, mais… c’est fameux !

Jérémy Urbain

« The Maggot » : 8,2/10 au four
« The Bootlicker » : 8/10 à la poêle
« The Crybaby » : 8,1/10 avec la bombe glacée
Ensemble : c’est fameux !/10

http://themelvins.net/

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