Melvins – Lysol

Melvins – Lysol

Quand « Lysol » m’apparut, auréolé, telle une vierge ayant fait un détour inexplicable de Lourdes pour toquer à ma porte, j’eu une révélation, une apparition. Depuis, j’ai construit un autel avec des allumettes et des rouleaux de PQ dans mes chiottes, et je prie le Buzzo et la Sainte Picole. Gloire à « Lysol » ! Que son nom soit sanctifié ! Que son règne perdure ! Je me suis acheté un costume d’indien à la Gay Pride pour me refaire la pochette, défoncé aux acides. Depuis il ne se passe pas une semaine sans que je me mette cette pièce de choix. C’est comme prendre, avec une immense satisfaction personnelle, le plus beau et le meilleur fromage de l’assiette. 31 petites minutes bien tassées qui ramonent sévère, des touches stoner à se rouler sous le caddie, et ce titre d’intro dément, « Hung Bunny », cette guitare Buzzoïde qui bourdonne, grésille, crache de la turbine, tirant une note ultime, l’anti-accord absolu ! Vous m’entendez ? Absolu !! L’arrivée du drone-doom façon Sunn O))) et consort, on sait d’où ça vient, et sans toges de moine en prime.

Mais à qui je parle… Homme-Singe ! Plus le temps passe et plus on se rend compte, sans s’en rendre compte (je me comprends), que les Melvins ont défriché le chemin et le terrain du tonton Bourguignon bien avant d’autres. Des prophètes, je vous dis ! Gloire à eux ! Loué soit leur préscience ! Gloire à leur semence ! Et vous pensez que ça s’arrête là ? Laissez-moi rire de ma chair bénie. Rythmique marteau-piqueur, riffs au diapason, voix surchauffée. Cinq titres tubesques que le groupe joue encore et toujours en concert, quasi en entier. C’est vous dire le don de prévoyance de cette galette. Autant de Pater Buzz et autre Ave Crover que nous accueillons en notre sein goulu. Oui, mes frères, mes sœurs, la voici, l’évangile du rock qui poutre. Vous en doutiez, hérétiques ! Reprenez les versets « Sacrifice », « Ballad Of The Dwight Fry », « Roman Bird Dog » et « With Teeth » dans le désordre, avant d’être frappé par le courroux du Saint-Ampli !

Mes frères, mes sœurs, mes disciples en contrat CDD et autres apprentis, stagiaires, prenez-vous par la main, et reprenez avec moi aux versets 2, alinéas 5 : « Lysol to get me high, Two shots dispel my fear, Baby you need to sniff sum ‘sol, and I to be… « . Repentez-vous putain !!! Alléluiaaaaaa !!!!

Jérémy Urbain (9,5/10)

http://www.themelvins.net/

Lysol
Melvins
1992
Boner Records/Tupelo Recording Company

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