Melvins – Freak Puke

Melvins – Freak Puke

Melvins… Désolé, ça me les brise menu de faire un topo sur LE plus grand groupe de rock sur Terre (vous avez vu comme je suis feignant ?). Y’a tout dans Melvins, l’humour, le décalage, Tahiti Bob, le suicide commercial, le groove. L’expérimental, absurde, foiré, rigolo, mais toujours fun. Du génial, du bon, du mouairf… Du naze aussi. Des tubes qu’on repasse en boucle dans la caisse en sillonnant les rues d’Auxerre, Paris et Navarre, des séances improvisées chez le coiffeur en habit de gourou, de la soupe de poisson sortant directement de la Méditerranée. Toute une recette, un style jamais copié, ou salement. Melvins est maître de son délire, entre fainéantise assumée et avant-gardisme de poivrot au coin du merguez/andouillette/Amora du jour dominical. « Freak Puke » est le dernier d’une série longue comme Derrick en maison de retraite. Et, s’il ne poutre pas sa mère comme un « Nude With Boots », il n’en est pas moins typique, exotique comme une croisière Costa-Rica qui terminerait en naufrage minable sur la baie des Grandes Terres de Kerguelen.

Le délire du moment, c’est Trevor Dunn qui trimballe sa contrebasse. À l’archet, en improvisation du genre « hein ?!! Mais qu’est-ce qu’il fait le gugusse !!? », du lourd, du sensible. Ah… Putain, ce rythme ! Ca claque Madame ! Même un Melvins mineur restera du haut de gamme. Une galette qu’on exhibe, avec fierté, mèche au vent Hot Shots. On se délectera des moments gonzo qui font rire, passant du Penderecki tendu comme un string brésilien au rock insolent et foutraque, ou à la fausse ballade bluesy, limite redneck, approximative et si attirante. Ce serait presque du free-jazz mélangé à du Melvins décontract’ tout ça !

Et ça le fait. On kiffe, on y revient à chaque fois, les roulements de ce boeuf de Dale Crover au milieu des fumées de cigarettes huppées d’un bar/club sur Vanguard Avenue. Ces chœurs débiles qui font effets dans un festival metal. C’est du bon, même les défauts sont intégrés. Et bordel ! Deux fois d’affilée qu’il repasse sur ma platine « Freak Puke ». Franchement, je suis sensé en rajouter ?  Puouffff…

Jérémy Urbain (8/10)

http://www.themelvins.net/

Freak Puke
Melvins
2012
Ipepac

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