LoreWeaveR – Italic

LoreWeaveR

LoreWeaveR est un groupe italien de metal progressif assez prometteur avec sa voix féminine qui brille de tous feux. Leur deuxième album, « Italic », ne révolutionne rien dans le paysage progressif. Même s’il présente quelques défauts, il reste cependant une expérience aurale plaisante. Comme précisé en préambule, l’avantage de LoreWeaveR est de comprendre en son sein une chanteuse à la voix puissante (on pourrait la comparer à la charismatique Patricia Tapia du groupe de hard-rock mélodique Nexx). A notre grand dam pourtant, elle boude trop souvent les notes haut perchées pour nous offrir à la place des voix plaintives à la limite du murmure. De plus, les deux premiers morceaux, « Rigor Mortis » et « My freedom » nous tapent sur les nerfs avec leurs plans pâlichons à la Dream Theater, et l’omniprésence de ces guitares sinistres et hésitantes héritées de la mouvance « djent » du metal. Un chœur aux superbes voix bien entraînantes et des ponts plus inspirés sauvent cependant ces deux morceaux de la médiocrité. On a vraiment l’impression que le groupe fait des reprises sur ces chansons, ce qui est bien dommage car la suite s’avère être d’un acabit autrement plus délectable.

Et en effet, « Lionheart » présente une facette plus dynamique avec un rythme plus soutenu, des claviers tour à tour tourbillonnants et orchestraux, ainsi que des voix plus percutantes : là on sent que le groupe possède sa propre personnalité. Ce morceau inaugure une suite de pièces où la batterie est plus chamarrée et plus créative. Les claviers offrent une plus grande diversité de sons, tandis que les envolées de Barbara Rubin nous portent vers des cieux infinis. Pour vous convaincre de cette palette sonore plus élaborée, prêtez donc une oreille attentive à ce piano tout droit sorti d’un cabaret sur « Vae Victis ».

LoreWeaveR Band

Ecoutez également ces échantillons d’accordéon sur « Angry Tears », ou encore les nappes inquiétantes sur « The River Suite », proches du travail de Pieter Nooten en solo ou avec Clan Of Xymox. Le groupe arrive même à nous surprendre en glissant sans vergogne sur « Vae Victis » le fameux riff de guitare du « Walk » de Pantera, et en s’aventurant dans le monde de la pop sur le morceau-bonus « Soldatino industriale » où un duo enflammé exprime sa passion dans la langue de Dante. Ces « écarts » pimentent certes leur musique, mais ne la rendent pas plus « maladroite ».

Au final, mon avis est partagé sur cet album. Loin de commencer sous les meilleures auspices, il parvient néanmoins à faire des étincelles et le sourire revient contre toute attente quand l’énergie et la créativité sont enfin au rendez-vous. Ainsi, du fait d’un démarrage raté, et faute de privilégier un chant enlevé qui mettrait plus en avant les qualités vocales de notre belle italienne, le résultat est en demi-teinte, même s’il reste très correct.

Lucas Biela (7/10)

https://www.facebook.com/loreweaverband

Italic
LoreWeaveR
2014
Musea Parallèle

3 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *