Long Distance Calling – TRIPS

Long Distance Calling Trips

Mine de rien, Long Distance Calling creuse son sillon depuis 2007 et revient, après également deux EP, nous proposer son cinquième opus. Et si certains albums avait vu le chant s’introduire subrepticement sur quelques morceaux, l’affaire est bien plus évidente sur TRIPS, avec 4 morceaux chantés sur 9 (sans compter les 2 titres avec un peu de texte parlé, ni le passage au vocoder de « Getaway ») ! Oh, bien entendu, Petter Carlsen n’est pas encore crédité comme membre du groupe, mais on pourrait aisément souhaiter la prochaine intégration du chanteur norvégien au sein de la bande de Münster. Quoique ! Car c’est bien là le paradoxe de ce TRIPS que de nous proposer deux versants à la musique de Long Distance Calling dont on ne sait plus trop lequel on se plaît à gravir. Long Distance Calling est en effet un groupe qui a su tisser ses toiles mélodiques et ses ambiances post-rock d’une manière aisément identifiable, se plaçant même comme un maître du genre. Avec TRIPS, le groupe propose un ensemble plus décousu au premier abord. Si la patte LDC est présente, comme sur le long et magistral « Flux » qui conclut l’album, des variantes apparaissent comme sur le très eighties « Getaway » qui l’ouvre, pour former au final un ensemble cohérent, équilibré et puissant où tous les musiciens tirent leur épingle du jeu.

Alors, bien entendu, certains puristes iront faire la fine bouche, accusant le groupe de se disperser et de perdre son identité. La belle affaire ! Pour les autres, notamment ceux qui ne sont pas forcément fans de post-rock instrumental, la surprise sera de taille. Car, dès après le titre introductif, LDC embraye dans un registre plus mainstream et alternatif à la fois (limite post-hardcore) qu’on lui connaissait peu. Ainsi, « Reconnect » montre l’apport de Carlsen, qui se montre plus incisif qu’un Marsen Fischer (encore crédité des claviers sur cet album). Le son est énorme, bien équilibré, grâce à la belle production de Vincent Sorg. Cet aspect d’ouverture du groupe se précise avec « Rewind », nonobstant son côté sombre. Et le métal de s’inviter sur un « Trauma » instrumental de bonne facture. « Lines » (voir le lien vidéo ci-dessous) est un tube en puissance dont on imagine une version live qui doit décalaminer les esgourdes les plus bouchées. Ce titre est une bombe qui devrait ouvrir de nouveaux horizons à Long Distance Calling. Le court « Presence » sert plutôt d’introduction à un « Momentum » gigantesque où claviers et guitares profitent d’une section rythmique atomique ! Les guitares, notamment, scintillent, croisent le fer et emportent l’adhésion. « Plans » voit le retour du chant dans un registre inattendu pour le groupe, une petite douceur pourtant empreinte de gravité… Enfin, le gigantesque « Flux », joyau post-rock construit de façon très prog, balaie les derniers doutes sur le dénigrement que ferait Long Distance Calling de son identité première. Convaincre avec un instrumental de plus de 12 minutes n’est pas une chose facile que réussissent néanmoins avec brio nos Allemands !

Long Distance Calling Band

Tout en conservant ses solides bases, Long Distance Calling a su prendre des risques, s’ouvrant à de nouveaux horizons, insufflant un dynamisme nouveau qui le fait passer d’un groupe que j’aimais beaucoup à un de mes groupes préférés du moment. TRIPS est un album varié, n’entraînant aucune lassitude, qui s’écoute fort de préférence, et dont on a hâte de voir le rendu sur scène, tellement les membres du groupe paraissent au sommet de leur art ! TRIPS, un bel écrin qui pourrait avoir une belle place parmi les meilleurs albums de l’année, rien de moins…

Henri Vaugrand

Coup de Coeur C&Osmall

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TRIPS
Long Distance Calling
2016
Inside Out

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