« La Loi de Brenn », la plus belle chanson du monde ? (Vol.2)

PyT 2

Sur le site de l’éditeur suisse « Cousu Mouche« , mélomanes et écrivains en herbe peuvent rédiger un article dédié à leur chanson préférée, tous styles confondus. Les meilleures chroniques sont publiées au fil d’une anthologie baptisée « Je ne laisserai jamais dire que ce n’est pas la plus belle chanson du monde« . Une première sélection de ces textes a déjà été éditée dans un fort bel ouvrage collectif de 258 pages, disponible à la vente auprès de l’éditeur. Celui que nous vous présentons ci-dessous (signé à nouveau Christophe Gigon, après sa déclaration d’amour à « This Strange Engine » de Marillion), vient de paraître sur le site web de Cousu Mouche. Alors, si vous aussi êtes inspiré pour vous prêter à l’exercice, n’hésitez pas à aller vous y inscrire afin de mettre en prose le plus bel hommage à la chanson de votre vie (voir ici) !

 

La Loi de Brenn – Galaad

Galaad Vae VictisIl y a vingt ans paraissait le meilleur album de rock jamais chanté en français : « Vae Victis » du groupe suisse Galaad, aujourd’hui disparu. Cette bande prévôtoise, menée par son barde fou, le poète à voix de feu Pierre-Yves Theurillat, mit tout le monde d’accord et aplatit , en onze titres-joyaux, toute comparaison possible, menant ainsi la vie dure au journaliste musical en mal de stéréotypes. Inventeur d’un genre nouveau, la « fusion progressive », le quintette jurassien se fait alchimiste. En mêlant des influences hétérogènes (Marillion, Peter Hammill, King Crimson, Ange, Malicorne, Faith No More, Dream Theater ou Pearl Jam), le produit fini ne ressemble à rien de connu. Une mer de contrastes s’offre alors à l’auditeur-navigateur, ébloui mais tourmenté : du rock progressif énervé porté par une section rythmique martiale et énergique, des textes de toute beauté incarnés par un chant écorché à la limite de la rupture mais toujours incroyablement maîtrisé.

L’avant-dernier titre de cet album parfait, « La Loi de Brenn » offre, en douze minutes qui ne laissent aucun répit, la synthèse de toutes les qualités présentes en diffracté sur le reste du disque. La plage s’ouvre sur une phrase de guitare que l’on retrouvera dans le superbe solo de clôture. Le choeur latin impose alors le calme « Tibi se cor meum…. » avant que la voix possédée de PyT (Pierre-Yves Theurillat) ne vienne hanter nos oreilles à coups de phrases assénées sans retenue ni complaisance. Et c’est parti pour plus de neuf minutes de folie furieuse. Puis, l’affaire se calme et , après un rappel plaintif du vocaliste, débarque sans crier gare un des plus beaux passages de six-cordes jamais gravés. Sébastien Froidevaux déploie son grand art: jamais démonstratif, son chorus mélodique rend hommage à Steve Hackett (Genesis), David Gilmour (Pink Floyd) et surtout Steve Rothery (Marillion), sans les citer, se contentant de payer son dû aux grands maîtres à planer.

Après une telle somme, sonné, le mélomane n’aura de cesse de réclamer à grands cris le retour de Brenn car lui aussi il sait que Brenn reviendra ici-bas. Et ce retour se fait imminent. PyT sortira son nouvel album solo, Mon grand Amer, ce printemps. Une nouvelle pièce maîtresse à n’en point douter. Et, selon les dires du maître de cérémonie, un nouveau style assumé : le genre « punk symphonique à la Barbelivien » ! On préfère néanmoins rassurer le public déjà apeuré: les textes de qualité de l’auteur ont plus à voir avec ceux d’Etienne Roda-Gilles ou Jean Fauque (Alain Bashung) qu’avec les ritournelles sucrées du ridicule parolier de variétés. L’avenir risque donc d’être aussi avenant que l’avant. Vae Victis !

Christophe Gigon

http://www.pyt.cn.com/

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