Kvelertak – Kvelertak

Kvelertak

L’objet bizarre… Une pochette signée John Baysley, dessinateur de talent et guitariste chanteur de Baroness, un groupe Norvégien avec trois guitares, s’exprimant dans sa langue natale et qui, comble du gâteau trop chargé en sucre, mélange dans une débauche de sexe, d’alcool et de bruit aromatisé le punk hardcore avec le black metal tartiné au rock’n roll. On me susurre déjà le terme « black’n roll dans mon oreillette, et j’ai déjà des picotements sur la langue rien que de l’écrire. Mais le truc, c’est que Kvelertak ne fait ni l’un, ni l’autre. Il pioche volontiers dans les deux styles pour régurgiter l’ensemble dans une suite de titres intenses, énergiques, foutraques, qui se dispensent le plaisir d’un groove simplissime et fédérateur à me balader obligatoirement avec une minerve. La bonne omelette que voilà ! C’est que ce n’est pas bien solide, le cou, et dans la reconstruction des accidents de la nuque, nous n’en sommes qu’au balbutiement.

On se dit toujours que la tasse va vite déborder, l’aspect bizarre et le trop plein de références  ne peuvent tenir sur toute la durée du disque. Et ben si… Un, deux, trois, quatre morceaux après, ça tient bien, et puis cinq, six, sept, huit, et c’est encore mieux que le coup de la glue aux pompes collées plafond avec le type dedans. Neuf, dix, onze… Ayé, fini ! « Kvelertak », l’objet bizarre donc, a tout du hold-up. En bêchant dans tous les côtés des radis et des concombres, il agit comme une drogue a effet rapide, soutenu aussi par une production rentre dans ton lard signée Kurt Ballou (guitariste de Converge). Je me dispenserai bien de sortir tout ce que j’ai reconnu  ou avoir cru reconnaître sur fond rigolard là-dedans. C’est que le groupe a fait fort dès sa première sortie. A chaque titre, on attend le suivant, suant et rampant, et pas un ne décevra alors que j’étais prêt à dégommer joyeusement le disque. J’avoue qu’il est difficile de faire plus accrocheur et immédiat, un plaisir tellement sain qu’il devrait être remboursé par la sécurité sociale.

Parfait pour les périodes estivales, l’album impeccable durant les trajets en voitures et le ravitaillement du barbecue au Auchan du coin. C’est du taillé à se faire une assiette de charcuterie en retravaillant pensivement ses tatouages old-school. Du bonheur, tout simplement, dans un objet qu’on a foutrement envie de posséder. C’est frais, c’est bon et ça se consomme sans fin.

Jérémy Urbain (8/10)

http://kvelertak.com/

Kvelertak
Kvelertak
2010
Indie Recordings

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