Jadis – As Daylight Fades

Jadis – As Daylight Fades

Ténor du mouvement néo-progressif britannique avec IQ, Pendragon ou Arena, Jadis nous offrait à la fin des années 90 un très beau premier opus live, enregistré au fil de la tournée « Sommersault » en 1996 et 97. Ce disque de Jadis en concert reste aujourd’hui bien plus digne d’intérêt que son seul successeur, titré « Alive Oustide » (2001), et quitte à en choisir un entre les deux, il n’y a pas à hésiter. En effet, les morceaux sélectionnés sur « As Daylight Fades » sont majoritairement issus de « More Than Meets The Eye » (cinq au total), ce qui n’est certes pas un hasard considérant la qualité de cet excellent album, reconnu pour être encore à ce jour leur meilleur opus. Beaucoup de fans le considèrent d’ailleurs comme leur chef-d’œuvre indépassable, et vu la carrière en dents de scie, un peu terne et sans réel génie de Chandler et sa bande suite à ce coup de maître, on ne peut que leur donner raison. Les autres titres sont extraits des deux disques suivants, et ils valent également le détour, avec entre autres « Batstein » et « Falling Away » issus de « Sommersault », un album agréable, mais moins bon que le classique « Accross The Water » (1994) et malheureusement très loin de la qualité d’ensemble de « More Than Meets the Eye », on ne le dira jamais assez.

La production et l’interprétation de l’enregistrement live qui nous intéresse ici sont étincelantes, avec un Gary Chandler très en voix, et au touché de guitare délicieusement mélodique, comme le démontre par exemple le superbe édifice émotionnel que constitue « Wonderful World », LE grand classique du groupe. Et son interprêtation délivrée par le groupe en live est encore plus intense que la version studio. Le line-up originel a connu sur « Sommersault » quelques modifications de taille et donc répercutées sur la tournée, puisque le claviériste Martin Orford (IQ) et le bassiste John Jowitt (IQ, Arena) ont quitté le navire pour être respectivement remplacés par les méconnus Mike Torr et Steve Hunt, qui s’en tirent d’ailleurs avec tous les honneurs. Mais cette séparation ne sera que provisoire, puisque nos deux stars du neo-prog reviendront 3 ans plus tard sur « Understand » et pour la production des deux CD suivants, pour être à nouveau remplacés sur « See Right Through You », le nouvel album de Jadis, à paraître d’ici la fin 2012, dont je n’attends personnelement plus grand chose, quoi que je l’écouterai quand même, par principe, sait-on jamais ?

A l’arrivée, nous avons donc affaire avec « As Daylight Fades » à un album live très réussi, un peu comme celui du festival « Baja Prog » de Mexico des polonais de Quidam, paru à la même époque, et fraichement réédité et augmenté d’un DVD, avis aux amateurs. As Daylight Fades » fait également office de très bonne compilation (et donc d’introduction à l’ouvrage on ne peut plus calibré « néo-prog » des anglais), à conseiller à celles et ceux qui souhaiteraient découvrir ce groupe aussi accessible qu’attachant malgré tout. Gary Chandler, leader incontestable de Jadis, n’aura jamais renouvelé ou bousculé les codes de ce genre aujourd’hui quelque peu tombé en désuétude, mais il aura tout de même apporté sa pierre à l’édifice progressif toujours en construction à la fin des années 90 et au delà, et rien que pour cela, son groupe mérite d’être découvert.

Philippe Vallin (7/10)

http://www.jadis-net.co.uk/

As Daylight Fades
Jadis
1998
Autoproduction

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