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A l’occasion de leur signature chez Inside Out, qui s’impose décidément plus que jamais comme le numéro un mondial du metal mélodique et progressif, les jeunes canadiens d’Incura, auteurs à ce jour d’un seul EP intitulé « A Way Out » et sorti chez Coalition Music/Warner Music en 2009, frappent un sacré coup d’éclat avec cet opus éponyme. Formé de Kyle Gruninger (chant et quel chant !), Jim McLaren (claviers), Royce Whittaker (guitare), Jono Olson (basse) et Phil Gardner (batterie), ce combo de choc nous offre dix compositions aussi concises qu’efficaces qui mélangent avec brio progressif théâtral, heavy teigneux et comédie musicale inspirée par l’immense Andrew Lloyd Webber (« Jesus Christ Superstar », c’était lui dès 1971 !). Dès le premier morceau intitulé « Get The Gun », la formation fait dans le spectaculaire avec sa fusion bandante de riffs de six cordes agressifs et de vocaux grandioses dont la tessiture évoque la rencontre improbable entre le grand Freddy Mercury (le classieux « I’m Here Waiting ») et Patrik Lundström (Ritual & Kaipa). La suite est du même acabit, souvent en plus agressif (« I Breathe This ») et met triomphalement à l’honneur les dieux du metal progressif. Nos joyeux drilles y font tourner à plein régime le moteur 16 soupapes de leur imagination débordante et y enfilent les brûlots à une cadence tout bonnement infernale. Là où le jouissif « Who You Are » vous prend des allures de comédie théâtrale, le furieux « Turning Blue » plante le décor torride des ébats lubriques auxquels se livre ce combo sur de nombreux passages : synthés supersoniques mugissant comme les râles d’une louve en chaleur et rythmique épileptique y copulent, en effet, dans une véritable débauche pyrotechnique de virtuosité contrôlée. La suite s’avère globalement du même calibre avec une mention spéciale au furieux autant qu’inclassable « Here To Blame », à la magnifique power ballade « The Greatest Con » et surtout au décoiffant « Decide » qui mixe avec maestria passages climatiques et explosions électrique sublimés par le chant purement divin de Kyle Gruninger. Bref, ça le fait et pas qu’un peu mon neveu ! En un mot comme en cent, cette œuvre débordante de classe et d’ambition s’impose, d’ores et déjà, comme une des plus belles réussites de ce début d’année. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Bertrand Pourcheron (8,5/10)

http://www.incura.net

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2014
Inside Out

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