Henry Fool – Men Singing

Henry Fool – Men Singing

Henry Fool est un projet collectif mené par Tim Bowness et Stephen Bennett depuis 2000. L’album éponyme, sorti en 2001, n’avait pas franchement marqué les esprits, même si le groupe explorait des possibilités jazz-rock peu communes. L’ensemble manquait peut-être d’identité, certains morceaux semblaient peu abouti, d’autres très travaillés, mais quand Tim Bowness reprenait le micro, on se retrouvait en terrain connu. Bref, l’essai était intéressant mais pas transformé. Sur ce premier projet figurait un certain Fudge Smith, qui lâchait les futs de Pendragon pour prouver qu’il n’était pas seulement qu’un gros bourrin et qu’il savait se montrer subtil quand il le fallait. On retrouvait également les complices habituels Peter Chilvers, Mike Bearpark et Myke Clifford. Pris par leurs activités annexes, il aura fallu 11 ans avant qu’un nouvel album soit enregistré.

Fudge Smith n’ayant pas été réinvité, c’est Andrew Booker qui prend sa place. Sinon, on reprend les mêmes et on recommence. Sauf que cette fois-ci, il n’est plus question de se disperser dans différents genres. Ici, c’est du jazz-rock progressif pur jus pour une quarantaine de minutes ne laissant pas la place à l’à-peu-près. 4 morceaux seulement avec un titre d’album contradictoire « Men Singing », puisque Tim Bowness ne pratique que la guitare et personne ne chante ! En invité de marque, le légendaire Phil Manzanera est convié à exercer ses talents de guitariste sur les deux premiers titres, avec brio.

Le disque nous emmène dans un trip cool, aux sonorités souvent vintage 70’s, expérimental parfois, space-rock de temps en temps, avec des constructions qui sans être trop compliquées, ont assez de rebondissements pour ne pas perdre l’auditeur en cours de route. Le saxo et les flûtes de Mike Clyfford font merveille, Jarrod Gosling ajoute des parties de mellotron excellentes, le traitement des claviers de Stephen Bennett est à la fois abstrait et envoûtant, tandis que les guitares de Tim Bowness, de Phil Manzanera et Michael Bearpark, sonnent prog, psyché, ou planant. La section rythmique tenue par l’excellent batteur Andrew Booker, omni présent, et la basse de Peter Chilvers, forme l’ossature des morceaux. Sans eux, Henry fool perdrait de sa cohérence.

Ce disque évoque à la fois un King Crimson abordable, un Brand X pour la couleur jazz 70‘s, et Steven Wilson pour ses dernières embardées instrumentales jazz-rock. Le collectif Henry Fool a trouvé une harmonie, explore une palette de sons renouvelés, en faisant se rencontrer l’ancien temps de la fusion avec la nouvelle tendance prog du moment. Une réussite.

Fred Natuzzi (8,5/10)

http://www.henryfool.com/

Men Singing
Henry Fool
2013
Kscope

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