Headspace – I Am Anonymous

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Attention, là c’est du lourd ! Amateurs/trices de métal progressif hautement technique, mélodique et bien burné, ne faites surtout pas l’impasse sur « I Am Anonymous », premier album signé chez Insideout  (en général, un très bon signe !) d’une nouvelle formation anglaise baptisée Headspace. En regardant d’un peu plus près le casting, on pourrait presque croire qu’il s’agit là encore d’un nouveau « supergroupe » à la mode, tant celui-ci met à l’affiche quelques « stars » du rock, à commencer par l’excellent Damian Wilson au chant, artiste multi-projets par excellence  (Landmarq, Ayreon, Star One, Threshold et j’en passe), Adam Wakeman aux claviers (cet autre fils du grand Rick de Yes tourne actuellement pour Ozzy Ozbourne et Black Sabbath) et Lee Pomeroy à la basse (Ex-Archive, et actuellement de service avec les fameux It Bites). Le line-up est complété par le guitariste Pete Rinaldi et le batteur Richard Brook, certes moins renommés à ce jour, mais tous deux impeccablement pros et talentueux, chacun dans son registre respectif. Et la genèse de tout cela me direz-vous ? A la base, le projet n’était pas fait pour durer, pas même d’aboutir à la réalisation d’un album qui serait resté sans suite. Il s’agissait en effet d’une simple réunion d’amis et complices musiciens, juste pour le plaisir de jouer ensemble, chaque protagoniste étant déjà bien occupé par sa propre carrière. Sauf que la magie opère et que le destin s’en mêle, surtout quand la formation se produit en première partie d’Ozzy Ozbourne afin de promouvoir un simple EP 4 titres paru en 2007, et que sa prestation de haut vol reçoit le plus bel accueil d’un public conquis ! Et pour cause, la musique produite par le combo est à la hauteur des plus grands canons du genre, Dream Theater en tête, influence incontournable et pleinement assumée (mais fort heureusement bien digérée) par Headspace.

Damian Wilson, Adam Wakeman & co retournent donc au studio avec motivation pour mettre en boîte « I Am Anonymous » (mais plus pour longtemps !), un album concept qui, comme son magnifique artwork le révèle, aborde la sombre thématique de la guerre et des grands conflits humains, qui au final causent davantage de dégâts moraux que matériels. Aucune faute de goût, faiblesse ni temps mort à déplorer dans cette œuvre extrêmement perfectionniste et magnifiquement ciselée, qui s’étale quand même sur près de 74 minutes, découpées en 8 plages qui chacune affichent 8 minutes minimum au compteur, l’émouvante balade piano/voix intitulée « Soldier » mise à part. Dès le premier contact, la séduction est totale, et celle-ci ne se tarira pas au fil des écoutes, révélant à chaque fois son lot de surprises, d’émotions et de nouvelles découvertes. Les compositions fourmillent de détails sonores et de bonnes idées, elles sont certes alambiquées (genre oblige) mais toujours d’une grande cohérence, équilibrant à merveille les parties chantées et les digressions instrumentales (les claviers virevoltent et les guitares riffent façon Arjen Lucassen), les envolées épiques et les moments plus intimistes et introspectifs. Les mélodies font toujours mouche sans aucunement taper dans la facilité ou le simplisme, servies par la voix exceptionnelle de Damian Wilson, chanteur charismatique et tout particulièrement expressif, ici plus que jamais en pleine possession de ses moyens et de son art.

Les influences des musiciens d’Headspace s’entendent de façon évidente mais ne viennent en aucun cas altérer l’indéniable personnalité de cette première galette de très haute volée. Si l’âme du Dream Theater d’antan plane souvent à travers ces nouvelles compositions (« Stalled Armagedon », « Fall of America », « Daddy Fucking Loves You »), on retrouve aussi ici et là quelques effluves d’autres groupes bien connus du public, parmis lesquels les américains de Tool, en témoignent cette signature de basse caractéristique sur « Invasion », ou encore dans les martèlements rythmiques et les accords de guitare puissants de « Die with a bullett ». Et pour ne pas gâcher le plaisir, la production de ce « I Am Anonymous » est on ne peu plus soignée, pour ne pas dire énorme ! Vous voilà donc prévenu, cet opus innatendu se révèle comme un must-have du moment, et un classique immédiat qui risque fort de squatter votre platine ou votre MP3 pendant un bon moment. Personnellement, je ne m’en lasse pas !

Philippe Vallin (9/10)

Site web : http://www.headspaceonline.com/

 

I Am Anonymous
Headspace
2012
Inside Out

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