Gong – Rejoice! I’m Dead!

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Le pour : 

Je vaquais placidement à mes occupations, songeant avec mollesse à la prochaine chronique que je m’apprête toujours à écrire sur le dernier The Dear Hunter, quand mon frère de goût, mon frère de pensée, me dit qu’il a l’intention d’écrire sa première critique incendiaire et que ce premier coup de gueule était destiné au dernier Gong ! Je n’en revenais pas… Tout occupé à écouter The Dear Hunter ACT V : Hymns With The Devil In Confessional en boucle, je n’avais prêté qu’une oreille distraite à cet autre album (celui de Gong donc) qui me paraissait cependant tout à fait honorable. Grande était donc ma surprise ! Et puis, à force d’introspection et d’analyse, je finis par comprendre le fondement de cette divergence de point de vue inhabituelle. Lui (mon frère de goût) est un grand fan de Gong et de son défunt leader. Il attend donc énormément de leurs albums, alors que je n’en attends pas grand-chose pour être tout à fait honnête. Il y a très très longtemps, dans une galaxie très lointaine, j’ai découvert Camembert Electrique. Un copain m’avait fait une cassette du disque (le piratage des premiers âges !) et le plus drôle c’est qu’en enregistrant l’album, il avait effacé un autre album : Goodbye Yellow Brick Road d’Elton John que je ne connaissais pas non plus. J’avais 14 ans. Il en restait un petit peu à la fin car le Gong était moins long. Autant vous dire que « Candle In The Wind » après « Dynamite: I Am Your Animal », c’est comme écouter du Chopin après du Pierre Henry. Ça soulage ! Surtout à l’adolescence. Je suis d’ailleurs devenu raide dingue d’Elton John. J’ai ensuite mollement suivi les autres albums de Gong et quand Pierre Moerlen s’est emparé du groupe, j’étais définitivement persuadé que Gong était mort. À ma décharge, je n’étais pas très fan de jazz-rock à l’époque. Jusqu’à un jour, en Inde, où j’étais logé par un Australien qui adorait le groupe. Après une longue et inoubliable soirée de communion musicale bien arrosée, je suis retourné visiter Gong en profondeur. C’était l’époque de From Zero To Infinity. Oulala ! Il m’a bien plu celui-là ! Mais comme de l’eau bouillie dans une casserole, je suis retourné doucement à la tiédeur de ma passion pour Gong. Au point où je ne savais même pas qu’ils avaient sorti 2032 (calme-toi, je viens de l’acheter !). Alors ce nouveau Gong, c’est quoi pour moi ? Une pâle copie de l’esprit déjanté de Daevid Allen aux couleurs « saxophoniques » (ce n’est d’ailleurs pas ce qui me manque le plus du Gong original), saupoudré d’un petit peu de jazz-rock aux mesures asymétriques (notamment les 11’56 de The Unspeakable Stand Revealed), puis un flirt platonique avec King Crimson dans « Kaptial ». Et à droite et à gauche dans l’album, une pincée de Pink Floyd période Syd Barrett dans « Through Restless Seas I Come ». Bref, de belles références et de la belle musique. Rien de sensationnel ? Non, peut être pas, et encore ! Je n’ai pas eu le temps de suffisamment écouter les morceaux pour avoir une opinion arrêtée sur la question. Un album qui ne justifie pas un coup de gueule ? Sans aucun doute ! Pour me réconcilier définitivement avec mon frère de goût, peut-être pourrais-je dire qu’il s’agit là d’un album de Gong pour ceux qui n’aiment pas Gong. Allez !  Va l’acheter, et tu nous donnes ton opinion dans les commentaires.

Pascal Bouquillard

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Le contre :

Après le déconcertant mais fréquentable I See You et avant son décès en mars 2015, le regretté Daevid Allen avait formulé un souhait depuis sa théière volante : que la planète Gong puisse continuer à vivre et produire de la musique sans lui, le « mentor ». Il n’aura pas fallu beaucoup de temps à Kavus Torabi (chanteur guitariste qui a repris les rênes du projet) et sa bande pour accoucher de cet album « hommage » malicieusement intitulé Rejoice! I’m Dead!, très certainement par Daevid lui-même, tournant ainsi en dérision sa propre mort. C’est dire alors à quel point je me réjouissais de l’annonce de ce Gong “nouvelle formule”, qui venait tout juste de perdre une autre icône en la personne de Gilli Smyth, et avec elle ses fameux et envoûtants “space whispers”, l’une des signatures sonores caractéristiques du groupe que malheureusement nous n’entendrons plus jamais. Quelle ne fut pas ma déception en posant la galette sur ma platine, et ce malgré la présence d’invités historiques tels que Steve Hillage et Didier Malherbe, venus épauler le nouveau casting du groupe, à savoir Kavus Torabi, Dave Sturt (basse/chant), Fabio Golfetti (guitare/chant), Ian East (saxophone/flûte) et Cheb Nettles (batterie/chant). De l’esprit du Gong originel, il ne demeure que quelques échos ici et là, et l’ensemble sonne comme la pâle copie d’une époque bien révolue. Seul “Rejoice!” et “The Unspeakable Stands Revealed” tirent leur épingle du jeu de par leurs envolés psychédéliques qui font mouche et un “son” qui nous replonge un tant soit peu dans la nostalgie du meilleur Gong. Pour le reste, on a l’impression d’avoir affaire à un collectif de musiciens qui privilégie la technique à l’esprit, le jeu à l’émotion, et il en résulte un album globalement terne, sans grande cohérence, et surtout… sans âme. On ne décolle jamais ou presque, alors du coup, pas de quoi se “réjouir” ! Où est passé ici le 10ème degré caractéristique du Gong de Daevid Allen ? Que sont devenus ses élans groovy, sautillants, délirants, extravagants, humoristiques, énergisants, mystiques, voire même incantatoires parfois ? Où se sont donc envolées les sonorités cosmiques (et comiques !) que nous délivrait naguère un Tim Blake ou ses successeurs, campés derrière leurs drôles de machines analogiques ? Tous ces ingrédients qui nous mettaient jadis en transe sont aujourd’hui absents du tableau, et on s’ennuie ferme à l’écoute de ce fade et assez vain Rejoice! I’m Dead!. Cette nouvelle formule marque pourtant un nouveau départ, et la volonté (déjà amorcée avec l’album précédent) de vouloir faire “autre chose” est une démarche tout à fait respectable. Il n’en demeure pas moins que je trouve cette musique trop “froide”, trop “sérieuse” pour être frappée du sceau d’un Gong emmené des décennies durant par l’inénarrable et indispensable Daevid Allen. On est ici plus proche d’un disque de rock progressif 70’s, somme toute banal, que d’une oeuvre de rock psychédélique éclectique et déjantée, soit l’identité, l’essence même du Gong créé par Dingo Virgin. Pour la peine, je vais de ce pas me réécouter Zero To Infinity et surtout 2032 (que mon frère de goût vient tout juste d’acquérir, il était temps, nom d’un chapeau à grelots !), deux albums qui pulsent, qui vous embarquent pour un décollage immédiat vers la planète Gong, et qui vous rechargent les batteries comme rien d’autre ! Rejoice! Gong is dead!

Philippe Vallin

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http://www.planetgong.co.uk/

Rejoice! I'm Dead!
Gong
2016
Snapper Music

Un commentaire

  • Salut à tous,
    je n’ai pas encore eu le loisir d’écouter ce disque mais je suis tout de même surpris que l’avis « pour » soit si sévère, je cite Pascal Bouquillard dans le texte « Alors ce nouveau Gong, c’est quoi pour moi ? Une pâle copie de l’esprit déjanté de Daevid Allen aux couleurs « saxophoniques » (…) peut-être pourrais-je dire qu’il s’agit là d’un album de Gong pour ceux qui n’aiment pas Gong. »
    Etrange tout de même pour un avis censé être « pour ».
    Bien à vous les amis.

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