Goat – Live Ballroom Ritual

Goat – Live Ballroom Ritual

Amis. Mes coquins, ça ne sert pas à grand-chose de revenir sur le caractère indiscutablement, fermement et sympathiquement cool de Goat.
Cool, parce que ça envoie dans le cuir, le renforcé, le moelleux.
Cool, parce que ça donne envie de se trémousser les parties basses du corps avec vigueur, bébé.
Cool aussi, parce que musicalement ça poutre du bonheur, du style énergisant avec les cheveux électrifiés genre fiancée de Frankenstein.
Cool, car c’est un cirque sorti d’un autre temps. Attendez la diseuse de bonne aventure aux yeux camouflés et aux hanches sautillantes. Check  monsieur Muscle, bras et poils à l’air et son attirail de toms, baguettes et autres friandises à taper.
Check, les planteurs de poteaux.
Check, la dresseuse de chevaux.
Check aussi le funambule, toujours un peu stone, tout y est, la ménagerie avec. Il y a aussi celui qui a fait un voyage, plus loin que les autres. Il est revenu avec des senteurs plus exotiques et a contaminé tout le monde… Tous un peu dans leur monde, à suivre la route, là où le vent les charrie. Juste le temps de planter le chapiteau, amuser la galerie, faire rire petits et grands (les plus grands surtout) et repartir sans laisser de traces mais en laissant trainer un parfum de fleur, de fumée et de sueur étourdissantes. Excitant quoi.
Ouais, cool mes coquins. Mais là où on touche au propre du cool, c’est dans sa représentation. Le combo suédois a fait de la scène son terrain d’expérimentation passéiste-moderno-branchouille autant que son tremplin promotionnel. Chaque apparition, c’est le délire ! On sort les costumes des années 70, retapés à la machine à coudre, sans oublier les masques bien cheap piqués d’un mondo Italien des années 80, à moins que ce ne soit d’un giallo…
J’en suis plus trop sûr, j’ai les yeux qui piquent. Et là. Boum, Patata, ça vit, c’est électrique aux tétons, folie douce, douce folie. Une fois le trip lancé, les morceaux vivent d’eux-mêmes.  Et que ça s’allonge en couleuvre, que ça se tortille, glisse et surfe sur fond de zébrures vertes, filtres psychédéliques « Zabriskie Point ». « Yellow Submarine » version tropicale sableuse en somme. Pourtant ça vient du nord… Funkadelic pointe son doigt décharné hors du caveau. Et il suit le rythme en plus le bougre, ça se ressent dans ses fluides, nom de… Et les miens ? Tu le sens ? Moi oui, je perle du front et je secoue du cocotier. Et les titres se rallongent, se rallongent et c’est bien, mieux, comme ça, oui, voilà, tiens la cadence, bébé. Laisse toi porter, juste le temps de ce live. Tu reconnais l’album, « World Music », le timbre, les accords que tu répètes dans le métro, la percu, la fuzz attitude qui te bascule le nez dans l’opium, ce double-chant criard mais foutrement sexy, et tu es prêt à y retourner de plus belle, encore et encore. Goat, c’est une drogue ! Allez, dis-le ! Une fois qu’on est sous son emprise, impossible d’y échapper. Tu aspires même la fumée du voisin. Tu te sens revenir dans un temps antérieur, un temps, peut-être, que tu n’as pas connu. Ça fait plaisir au djeuns, comme ça ils croient revivre ce qu’on vécut les générations antérieurs. Ils sont marrant, ces jeunes.
Oui, amis, la « coolitude » de Goat, c’est un peu tout ça. Des costumes gentiment ridicules qui imposent un duel avec les sacs de couchages de Master Musicians Of Bukkake, des filles sur scène, parce que des filles sur scène c’est forcément mieux et qu’on excuse tout, une énergie à remettre la batterie d’une voiture Simca, en rade comme toujours. En route, un cirque barnum dont on va aimer chaque attractions un peu déglinguées de la carafe et parce que c’est, tout simplement, l’énergie du rock et, par-là, c’est sa liberté.
Bon, maintenant, qu’est-ce que je fais, à poil dans mon salon… Cool…

Jérémy Urbain (8,5/10)

http://goatsweden.blogspot.co.uk/

Live Ballroom Ritual
Goat
2013
Rocket Recordings

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