Glaare – To Deaf And Day

To Deaf And Day
Glaare
Dune Altar
2017

Glaare – To Deaf And Day

Glaare To Deaf And Day

Après Glaare sorti en 2015, voici donc le deuxième album de ce trio californien curieusement baptisé Glaare…To Deaf And Day est aussi sombre et lumineux à la fois que sa magnifique illustration de pochette, aussi étrange que son titre, aussi post-apocalyptique que le clip de Surrender/Control. Enfin, l’album, comme le groupe, sont « post » beaucoup de choses… Sorte de Joy Division croisé avec The Cure, Glaare fait scintiller des guitares à la U2 pour soutenir la voix éthérée et éblouissante de Rachael Pierce. Comme si les gothiques des années 90 avaient décidé de sortir des catacombes pour nous indiquer les chemins à surtout ne pas suivre…

Ainsi, To Deaf And Day étend les tentacules de ses huit titres de manière vaporeuse, comme le montre le très « curien » premier titre, « My Love Grows In Darkness ». Les percussions électroniques et les guitares bourrées d’effets tissent une toile shoegaze gothique et précieuse dont parviennent à s’extraire des voix elles aussi trafiquées au mixage. L’impression perdure avec « Like They Do » et sa batterie acoustique fortement en avant. Glaare ressemble alors à un Icehouse féminisé et renaissant de ses cendres !

Glaare To Deaf And Day Band1

En fait, Glaare vous attire doucement dans son univers sans que vous y prêtiez attention. L’intro de « First Rain » participe de cet effet. La voix de Rachael, doublée, est plutôt placée en retrait dans le mix, ce qui ne l’empêche pas d’exercer son pouvoir d’envoûtement ! Les synthés qui attaquent « Desiree » scintillent dans la noirceur de ce titre. Les volutes de guitare planent au-dessus de la mêlée, tout comme elles le feront sur le cataclysmique – et aux allures de Depeche Mode – « Ruins », qui est loin d’usurper son titre. La noirceur, certes très répétitive, de Glaare insiste là où ça fait mal, tel un philosophe nietzschéen et son marteau symbolique.

« Isky » déploie un départ glacial avec ses flèches de claviers qui vous transpercent le cerveau, avant que les voix, la basse synthétique et les boucles de claviers ne déchirent le voile d’apparente torpeur, avant un break percussif (4:33) qui ramène au thème initial. Peut-être mon morceau préféré. Et pourtant, « Suffer » qui suit n’est pas en reste, avec son départ à la Kraftwerk, vite contourné pour laisser place à la voix de Rachael alternativement inondée d’effets ou icône dream pop… En ce qui concerne « Surrender/Control », je vous renvoie au visionnage du clip présenté ci-dessous, bien plus parlant que ce que je pourrais en dire.

Glaare To Deaf And Day Band2

Glaare a un drôle de pouvoir, celui de vous plonger dans un monde qui manie le chaud et le froid, la glace et le feu, la répétition maladive et la subtile différenciation. On aimera ou pas le choc thermique et l’esthétisme décalé des Californiens, mais To Deaf And Day ne laissera pas indifférent…

Henri Vaugrand

https://www.facebook.com/glaare/

https://glaare.bandcamp.com/

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