Genesis – Hidden In The World Of Dawn (1967)

Genesis 1967

Beaucoup ont affirmé que le Genesis d’avant qu’il ne devienne réellement Genesis n’était capable que de chansons inabouties et faiblardes. Derrière un climat aux faux airs relax et des paroles qui se voudraient anodines, ce très méconnu « Hidden In The World Of Dawn » en apporte pourtant un joli démenti. Il est vrai cependant qu’il faut bien écouter la chanson et bien en lire les paroles pour s’en rendre compte.

Pour commencer, la mélodie est bien plus subtile et travaillée qu’il n’y paraît au premier abord. L’ostinato de quelques notes au piano qui sert d’ossature aux couplets est trompeur. On pourrait le croire simple, voire simpliste, alors qu’il est en vérité juste terriblement efficace. En effet, ces notes répétées par Tony Banks s’oublient vite sous la voix claire et bien posée d’un Peter Gabriel concentré sur son sujet. Du coup, les couplets s’affichent comme des oasis de calme, ce qui fait nettement ressortir la complexité plus grande, mais pas beaucoup plus grande en fait, des refrains. C’est toute la force de la musique minimaliste : on fait mieux avec moins quand ce moins est utilisé avec intelligence. Steve Reich et Philip Glass l’ont bien compris. Tangerine Dream et Klaus Schulze aussi au travers de leurs séquenceurs. Or, que fait Tony Banks sur son piano durant les couplets ? Ecoutez-bien. Une séquence, juste une séquence, toujours la même. Et pendant les refrains ? Une autre séquence ! Toujours la même aussi. Si, si, tendez bien l’oreille. C’est simple, joliment fait, efficace, presque mathématique, j’adore. Et surtout cela démontre que le couple Banks/Gabriel était déjà très solide mélodiquement parlant dès 1967.

Banks Gabriel

Mais le plus étonnant est le texte de la chanson, extrêmement soigné. On est là dans un veine poétique mi-réaliste mi-onirique du plus bel effet. Aucun amateurisme à l’horizon, aucune faute de goût, tous les mots et verbes sont excellents, c’est juste parfait. Et en plus, d’une manière tenace, cela me rappelle, en inversé et en largement anticipé « The Lamb Lies Down On Broadway », je veux parler de la chanson. Même thème centré sur la circulation automobile matinale, mêmes petits flashs sur les lève-tôt et même attente diffuse de quelque chose sur le point d’arriver. Sauf, et c’est ça l’inversion, que dans cette chanson on sort du rêve pour entrer dans la réalité alors que dans « The Lamb Lies Down On Broadway » on sort de la réalité pour entrer dans le rêve. Il y a pourtant six ou sept ans d’écart entre les deux chansons. Comme quoi les thèmes développés dans les albums majeurs étaient déjà complètement préexistants bien des années auparavant.

Pastel colours bring the sky to life
Cleanse the night with a breath of dawn
Silence broken when a baby cries
Piercing the mist that cloaks the cool outside

The streets are beginning to move gently now
Daylight lays on the ground
Dew drops trickle down leaves gently now
Soaking the pathway of the thousands of the thousands of shoes

Windows opening as the postman calls
Letters to smell, letters to burn
Daily papers through the hole in the door
Sex and news fill the wisdom of a million minds

Time is a measure of strength quickly now
Speed is the cause of decay
Traffic is humble to pull on your knees
Pushing and pulling the tired little men in their cars

Wake up! Your conscious is calling!
Reality begins at nine
Wake up! Think what you’re missing
Hidden in the world of dawn

Rest your body with soothing sleep
Dream of the hours you left behind
Listen carefully for the break of day
The twilight’s near, silence brings the fantasy here

Silhouettes mingle with sky backed with smog
Ripples of morning flow by
The quietness flavours the glow – breathe it in
Merging the bliss that is glazing the warm face of gloom

Wake up! Your conscious is calling!
Reality begins at nine
Wake up! Think what you’re missing
Hidden in the world of dawn

Frédéric Gerchambeau

http://www.genesis-music.com/

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