Frank Ayers – Heart Of The Sun

Frank Ayers Heart Of The Sun

Il y a plusieurs manières de faire de la musique électronique. Il y a par exemple ceux qui s’entourent littéralement de claviers de toutes sortes, ceux qui ne possèdent qu’un ou deux gros synthés mais qui les explorent à fond, ou encore ceux qui se bâtissent des systèmes modulaires plus ou moins massifs. Il existe cependant encore une autre catégorie de synthésistes, ceux qui n’ont qu’un clavier MIDI et un ordinateur avec tout ce qu’il faut dedans pour faire un ou plusieurs albums complets. Frank Ayers est de ceux-là, et même si ses synthés sont impalpables, leur liste n’en est pas moins impressionnante puisqu’elle comprend des versions virtuelles du Synthi A, du Prophet 5 ou encore de l’ARP 2600. C’est sûr qu’avec ça, et la panoplie est loin d’être close, on peut faire de très belles choses, ou d’autres très élaborées. C’est bien ce que propose cet album, et même à profusion, du morceau très atmosphérique à des titres beaucoup plus séquencés, en passant par des compositions à l’architecture délicate ou au contraire très complexe.

Il faut dire que Frank Ayers n’en est largement plus à son coup d’essai, ni en matière de maniement d’un clavier, vu qu’il possède un passé chargé du côté du rock progressif, ce qui nous vaut quelques solos bien agréables, ni en matière d’album, vu qu’il nous avait déjà gratifié précédemment, et déjà au sein du label nantais de musique de musique électronique progressive PWM, d’un excellent Different Skies. Oui, l’esprit de ce compositeur tout à fait intéressant et aux albums riches et profonds est continuellement tourné vers le ciel, l’espace et l’univers, notamment au travers de l’astronomie et de la science-fiction. Mais l’homme se montre aussi passionné par l’extrême-orient et sa spiritualité et, de fait, le climat général de ses albums baignent dans une sérénité sous-jacente apaisante et très plaisante.

Frank Ayers

Il est a priori aisé de citer les inspirateurs de la musique de Frank Ayers, et parmi ceux-ci trois noms s’imposent, Tangerine Dream en tout premier lieu, Vangelis pour une bonne part également et Jean-Michel Jarre ici et là. Mais l’affaire est cependant plus complexe quand on écoute bien, car on se rend compte alors que, si des gimmicks de ce trio apparaissent à l’évidence au cours des compositions, ils servent moins de rappels stylistiques que d’aides au développement des morceaux, qui sont généralement très originaux.

A noter aussi que Frank Ayers est toujours enclin à l’ambition dans le domaine de la construction de ses albums. Le précédent, Different Skies était constitué d’un unique morceau subdivisé en différentes parties, un héritage sûrement des premiers opus de Jean-Michel Jarre, Heart Of The Sun comprend quant à lui un titre de presque 24 minutes, « Biogenesis », subdivisé en quatre phases allant de I à IV. C’est dans la dernière partie de ce titre qu’on aura le plaisir d’entendre des additions d’autres musiciens fort estimables du label PWM, tels qu’Olivier Briand et David Perbal, ce qui clôt dans un torrent de talents et d’amitié un album parfaitement réussi en tous points.

Frédéric Gerchambeau

https://www.facebook.com/frank.ayers.music

http://asso-pwm.fr/artistes/frank-ayers/

Heart Of The Sun
Frank Ayers
2016
PWM

Un commentaire

  • Rudy

    Tout à fait en phase avec cette chronique (enfin, à entendre le titre en écoute). Les images du clip sont incroyables et donnent envie de sauter dans le 1er avion pour l’Asie.

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