Fabrice Bony – 7 + ∞

7 + ∞
Fabrice Bony
Arbre de Vie
2018

Fabrice Bony – 7 + ∞

Fabrice Bony 7 + ∞

En théorie, Fabrice Bony est batteur. Dans la réalité, c’est plus compliqué. En effet, l’homme joue aussi de la guitare folk, de la guitare électrique, de la basse, du violon, de l’orgue, du Fender Rhodes, du Mellotron, du synthé, du xylophone, du Glockenspiel… Je m’arrête là, vous avez compris l’envergure exceptionnelle de ce musicien, qui est aussi un compositeur accompli. Et ce 7 + ∞ en est une nouvelle et superbe preuve. Et pour ce qui est du titre un tantinet étrange de cet album, il s’explique en vérité facilement puisqu’il n’y a en fait que sept vrais morceaux dans cet opus, le huitième étant une sorte de manifeste mi-parlé mi-chanté incluant nombre de chanteurs/chanteuses.

Pour ce qui est du parcours de Fabrice Bony, il a composé deux albums solos, Between Day, en 2008, et Inner Lands, en 2013, dans un style rock progressif/jazz rock. Cependant, ses sources d’inspiration se situent aussi dans la musique minimaliste de Steve Reich et de Philip Glass.

Fabrice Bony 7 + ∞ band1

De 2011 à 2014, il développe au sein du projet Spirales Ephémères de 2011 à 2014 un univers sonore basé sur le lithophone. En 2015, il enregistre avec le compositeur Renaud Barbier la bande son du documentaire d’ARTE « Quand Homo Sapiens Faisait Son Cinéma », puis compose l’album Lithophonic en 2016 entièrement consacré au lithophone. Toujours en 2016, il enregistre en tant que batteur avec la compositrice Béatrice Thiriet pour le film de Dominique Cabrera « Corniche Kennedy ». Il se produit en France et en Islande, mais aussi régulièrement avec le percussionniste japonais Tomoo Nagai dans le collectif de musique improvisée franco-japonais LULI depuis 2013 en France et au Japon en avril 2015 et en octobre 2016. En 2017, il enregistre pour le compositeur Renaud Barbier la B.O. du  documentaire France 3 « Comme des Sardines en Boite », puis tourne avec Tomoo Nagai pour des spectacles sur les textes de Pierre Loti. Entre temps, il est invité à la résidence artistique internationale Fresh Winds (décembre 2017 et janvier 2018) en Islande. En mars 2018, il compose un titre du nouvel album de Ange, Heureux. Toujours en 2018, parallèlement à des concerts et des performances en solo, il développe avec le trompettiste de jazz Marc Niess un nouveau projet live Lithophonic, mêlant musique improvisée, minimaliste et jazz. Et voici maintenant que Fabrice Bony sort son 4ème album, 7 + ∞.

Le thème de ce 7 + ∞ est limpide. Ce sont les grands espaces sauvages terrestres ou marins qui sont à l’honneur avec comme invitées vénérées mesdames les baleines qui passent en caravane lors du troisième titre, ce qui nous donne une inoubliable prestation d’un trio de rêve, Fabrice Bony à la batterie et au lithophone, Satoru Kita au saxophone et au violoncelle, et Marc Niess à la trompette. C’est juste vous dire le niveau stratosphérique de cet album. C’est vous dire aussi le côté très visuel et même, allez, disons-le, cinématographique de ce 7 + ∞. C’est évident sur Toundra, où la musique est très belle, très évocatrice, avec un somptueux mélange tout en finesses de piano, de psaltérion, de lithophone, de guimbarde et de voix. Bien sûr, Fabrice Bony est sensible à l’avenir préoccupant des grands espaces sauvages dont nous parlions plus haut, et en particulier par le destin bien mal engagé des océans. Cela nous vaut un très beau « Lament For The Ocean » avec un Fabrice Bony impérial à la batterie et aux guitares, mais aussi très expressif au Fender Rhodes et à la basse. Le multi-instrumentiste porte également très haut les valeurs du monde celte, lui consacrant deux titres, le premier intensément jazz-rock, « Tuatha De Danann », et le second d’inspiration nettement plus irlandaise, « Celtia ».

Fabrice Bony 7 + ∞ band2

Cependant, parmi ce bel album joliment diversifié, j’ai tout de même un titre préféré, le plus long de cet opus d’ailleurs, presque 11 minutes, « Ukiyo-E », un summum d’harmonies délicates où Fabrice Bony joue avec un immense brio de tous ses instruments, accompagné par la voix saisissante de Samantha Claire Zaccarie et le délicat saxophone de Satoru Kita. J’adooooore !

 

Frédéric Gerchambeau

 https://fabricebony.bandcamp.com/music

 

 

Un commentaire

  • Zaccarie

    Cela fait plaisir, Fabrice … La route est longue et parsemée d’embûches, mais elle est illuminée par d’etranges Sonorités.
    Je crois en ces sons et ton travail distinctif porte et portera de plus en plus ses fruits.
    Ce que je crois aussi depuis longtemps, (je te parlais d’Hermann) c’est l’aspect visuel de tes créations … l’asect sensitif …
    Bisous

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