Europe – War Of Kings

Europe War Of Kings

Europe, le groupe suédois qui est devenu aussi rentable que ses compatriotes d’ABBA grâce au tube planétaire « The Final Countdown » (« Tadadada ! Tadadatata !… »), nous revient en grande forme. De nombreux musiciens de leur génération remettant au goût du jour les mélodies sucrées façon années 80 du style qui les a propulsés vers le stardom (Place Vendôme, Revolution Saints…), on pourrait s’attendre à ce que nos scandinaves en fassent de même. Et bien non, ceux-ci ne mangent plus de ce pain. C’est désormais vers le heavy-rock de la constellation Deep Purple, Rainbow et Whitesnake qu’ils se sont tournés. Les synthés pompeux ont été remplacés par un orgue Hammond et des claviers vintage (on entend même du mellotron !), les guitares assombrissent le ciel, la voix se fait plus agressive et la rythmique est plus massive.

Le groupe n’a cependant pas fait entièrement table rase de son passé glorieux. Derrière ce nouveau son pachydermique, les mélodies accrocheuses et les solos de guitare ravageurs sont toujours là. Et c’est tant mieux car ils permettent à une bise printanière de souffler dans la tempête hivernale. Ce sont ainsi des marches assurées (l’écrasant « Nothin’ To Ya », le radieux « Second Day ») ou plus hésitantes (l’implorant « Praise You », le prudent « Children Of The Mind ») qui côtoient des courses effrénées (l’entraînant « Hole In My Pocket », l’émoustillé « Days Of Rock’N’Roll »).

Europe Band

Par ailleurs, comme vient le souligner la ballade poignante « Angels (With Broken Hearts) », les moments de douceur ne sont pas en reste. Quelques échos traditionnels titillent nos oreilles. En effet, là où des arabesques s’insinuent (on pense à « Kashmir » sur « Rainbow Bridge »), c’est un folklore celtique qui vient nous surprendre (ne serait-ce pas « Whisky In The Jar » qui se rappellerait à notre souvenir sur « Days Of Rock’N’Roll » ?).

Joey Tempest réalise des parties vocales dignes du plus grand Plant, voire des moments les plus émouvants de Coverdale, grâce à un timbre plus rocailleux et cette énergie qui animait les chanteurs des groupes précités. « War Of Kings » n’est finalement ni plus ni moins que le retour en grâce d’un groupe qui a su se réinventer sans rien perdre de sa personnalité.

Lucas Biela (9/10)
Photo : Tallie Savage

http://www.europetheband.com/

War Of Kings
Europe
2015
UDR Records

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