Dust Lovers – Fangs

Fangs
Dust Lovers
Besta Records
2020
Rudzik

Dust Lovers – Fangs

Dust Lovers – Fangs

« Hey Rudzik ! Pourquoi ne chroniquerais-tu pas Dust Lovers (du rock de crooner anciennement connu sous le nom de Texas Chainsaw Dust Lovers, un Hellfest au compteur et plusieurs participations à des bandes-sons de séries) ? ». Et voilà comment on se fait appâter par un attaché de presse, en l’occurrence, Romain Richez de l’Agence Singularités parce que du rock de crooner, qu’est-ce que ça peut bien être ? Le nouveau projet rock de Guy Marchand ? Évidemment pas du tout, mais il n’en fallait pas plus pour exciter ma curiosité.
Dust Lovers est l’émanation nantaise raccourcie de The Texas Chainsaw Dust Lovers, un groupe qui montre depuis quelques années une certaine originalité en habillant le rock, le blues et le punk de sonorités rétro façon 60’s, le tout dans une ambiance cinématographique qui leur avait permis de figurer en bonne place dans les B.O. des deux séries françaises : T.A.N.K et Marianne. Tout un programme qui prend tout son sens à l’écoute du très alléchant Fangs, un clin d’œil appuyé aux légendes de vampires.
Et d’ailleurs, je suis directement plongé dans leur monde avec le génial clip en noir et blanc de « Goldie » qui offre une immersion dans le temps, à l’époque de Nosferatu des années 20, donc aux premières heures du genre vampire. Ce blues très noir s’imprime directement dans les neurones. C’est un titre très accrocheur qui, bien que placé en fin d’album, donne de suite envie d’explorer l’univers de Dust Lovers. Bien joué Romain ! À l’écoute de Fangs, on note très vite l’éclectisme du groupe. Cela donne effectivement un cocktail savoureux de rock puissant paré d’un chant aux effets 60’s un peu à la façon d’un Volbeat, en moins metal toutefois. Le côté « crooner » ressort effectivement sur des morceaux comme « Negativity » ou le fabuleux « Goldie » mais la bio du groupe parle plutôt de « noir rock’n’roll », une classification qui me paraît plus représentative du panorama offert par Dust Lovers.

Dust Lovers – Fangs band1
En effet, les Nantais nous gratifient d’un voyage musical plutôt complet, nous faisant régulièrement explorer leur conception du blues de crooner, mais vont, fort heureusement, bien au-delà. Ainsi, « Born To Lose » constitue un titre de pop rock 60’s qui n’est pas du tout englué dans la guimauve du genre, certainement le morceau qui m’a le plus fait penser à Volbeat. La voix de Clem Colt (chant, guitare), gainée de reverb, y est des plus convaincante. C’est le cas sur tout l’album avec cependant des limites dans les aigus sur le bien groovy « Night Cruising ». Le mid-tempo « Revelation » confirme les qualités vocales du leader de Dust Lovers avec un chant phrasé à la Bowie. Il permet également d’apprécier la consistance et la solidité de la section rythmique soutenue par Christophe Hogommat (batterie) et Mattis Durand (basse), mais on regrettera le sous mixage de l’intéressant solo de guitare de Nagui Mehany. Dust Lovers a intégré à sa refonte Antoine Geremia et les claviers renforcent singulièrement toutes les rythmiques (moi je kiffe le clavier audible dans les rythmiques alors que la plupart des groupes le cachent presque honteusement sous forme de nappes couvertes par les riffs de guitare pour ne le ressortir que dans des moments calmes ou lors de soli). Cette intégration permanente des claviers dans les rythmiques contrebalance astucieusement le côté suranné des morceaux en leur donnant la modernité nécessaire pour qu’ils ne sonnent pas datés. La meilleure illustration en est la géniale intro d’« Higher Desire » qui lance parfaitement ce titre très sautillant et sympa. Fangs n’est pas un album concept bien qu’il se situe entièrement dans l’univers des vampires et que le groupe précise qu’il soit conçu un peu comme un film avec des successions d’ambiances différentes mais dont les enchaînements ont été bien pensés. C’est ainsi que « Fangs » puis « Night Fight » nous entraînent dans leur conception du punk avant un retour réussi sur les rivages du blues de l’inoubliable « Goldie » en fin d’album.

Dust Lovers – Fangs band2
En résumé, Fangs est une réelle bonne surprise pour moi et Dust Lovers a le mérite de réaliser l’alliage parfait et moderne entre plusieurs genres musicaux plutôt datés sans tomber dans le ridicule. C’est un anti fan des 60’s qui vous l’écrit (je n’ai jamais été très nostalgique des modes yéyé et rock’n’roll) donc vous pouvez me croire sur parole.

 

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