Das Raumpiloten – Raum

Das Raumpiloten – Raum

« Raum » du groupe Das Raumpiloten pourrait sembler être la réédition d’un album des années 70, tant sa musique évoque les formations des mouvances krautrock et rock planant. Il n’en est rien, il s’agit bien d’un combo des années 2010 et son incroyable patchwork musical, loin de se cantonner à ses références seventies (comme vous le verrez dans l’analyse des différents titres), présente des morceaux certes répétitifs mais dont chacun évolue sur une pente d’inclinaison différente et où divers éléments viennent rompre l’impression de répétition. « Journey To Kepler 22-b » avec son patronyme évoquant un voyage intersidéral, ses guitares vrombissantes et vibrantes, ses synthés bouillants tel le magma d’un volcan entrant en éruption, son rythme pulsatil et ses effets d’écho dans les samples de voix offre une atmosphère planante qui appelle à entrer en transe comme à l’époque des premiers Hawkwind. « Elysium » présente un côté « musiques du monde » avec ses percussions et son thème de flute obsédant, le tout agrémenté d’un piano frétillant, aux attraits presque angoissants.

Divers éléments accompagnent de temps à autre les éléments répétitifs (guitare, voix, claviers). « All In Your Mind » avec sa batterie intimiste, sa basse groovy (mimant presque le theme de Giorgio Moroder dans « Midnight Express »), et les accents distordus et insistants de sa guitare rappelent les expériences jazz-world de Terry Bozzio (Torn Bozzio Karn, Bozzio Levin Stevens ou The Lonely Bears). Des boucles de guitare avec illusion de voix d’enfants chantant en choeur se répètent tout le long.  Des vocaux funestes s’ajoutent aux « choeurs d’enfants » et renforcent le côté incantatoire de l’ensemble. « Orange sunshine » avec sa guitare lumineuse et sa batterie enjouée (type motorik beat des groupes krautrock tels Neu!) offre un peu de soleil. Les synthés scintillants arrivent tels un clin d’oeil à la « kosmische musik », tandis que les percussions donnent un côté « latin ».

« Ozongeruch » présente une batterie avançant avec dédain et assurance – sans se soucier du reste, tel un tank, et à nouveau dans un esprit « motorik beat » – et  une guitare larmoyante avec un rythme pendulaire. Des nuées de guitares vrombissantes et crissantes assombrissent l’horizon, et donnent un côté »industriel » au morceau qui tombe dans un univers glauque et cauchemardesque. « Klaus Kinski » avec sa basse aquatique et son motorik beat rappelle le groupe électro-punk D.A.F., en particulier leur morceau « Der Mussolini ». Des guitares hypnotiques en cascade et des synthés cosmiques parsèment l’atmosphère. Le début est également marqué par des boucles de guitare évoquant des pleurs d’enfant.

Par son côté rythmique et planant, Das Raumpiloten plaira à tous les admirateurs de krautrock et de space rock à la Hawkwind. C’est une invitation à la transe et un véritable délice musical – à consommer avec modération cependant sous peine d’hallucinations !

Lucas Biela (10/10)

http://dasraumpiloten.bandcamp.com/album/raum

Raum
Das Raumpiloten
2014
Autoproduction

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