Cult Of Occult – Five Degrees Of Insanity

Cult Of Occult Five Degrees Of Insanity

Il y a des jours comme ça où on titube, où nos talons se cognent, où on vomit sur ses pompes, où on va s’effondrer pour mieux crier sa psychose, sa haine de la société et finir dans la matinale de BFMTV. L’alcoolique, on le sait, est misanthrope, il est beauf, con, pas vraiment récupérable, et à l’hygiène douteuse par dessus le marché. Et pire que ça, c’est un sataniste. Il a déclaré la guerre à dieu, à la bien-pensance et à ces colonnes de merdeux qui ramènent l’humanité au plus bas de l’échelon. Même si le spécimen, au fond de lui, s’en fout comme de son dernier caca collé au slip ou à la culotte (ne soyons pas vieux-jeu). Bref, il emmerde tout le monde, même les autres psychotiques, névrosés, misanthropes et satanistes. Il est tout seul et ça lui va bien.

– Bon maintenant on se dit, le Jéjé, est-ce qu’il va bien ? Non, mais c’est qu’il parle de trucs un peu glauques quand même ! Toujours avec ses groupes de sludge, de doom ou de black un tantinet dégueulasses. Ça fait un peu flipper. Un peu pâle, en plus, pour parfaire le portrait de cette bien étrange créature. Une camomille peut-être ?
– Non, mais de quel droit vous entrez dans ma chronique ?! Laissez-moi finir mon papier crévindjû ! Tu veux que je te dégueule dessus ?

Jéjé Cult Of Occult

Si je parle du dernier Cult Of Occult, c’est que les lyonnais ont LARGEMENT passé le cap supérieur de la déchéance et autre misère spirituelle, sociale et philosophique, tout en appuyant, bien fort, d’une lourdeur démantibulée à ravager les fondements de la gazinière centrale. Pour faire au plus simple, cet album est Oppressant, avec un O majuscule, telle la grimace sur un visage sans lèvres. Son étirement est maladif, sa production barbare, son atmosphère toxique, son but incertain et autiste. Dans le genre, je te pose dans l’ambiance, c’est un épitomé. Du classique, du sur-mesure, du tergal en peau humaine, Joseph Beuys dans un accomplissement blasphématoire. De la crème à la crème végétant depuis trois semaines au frigo. Et oui, ça fait mal, ça tresse les boyaux en fauteuil de jardin, c’est tellement méchant, tellement pesant… Eh ouais, c’est tellement la transposition du bad trip authentique et poissard. Comment l’individu lambda évolue dans sa descente ? Il descend profond, toujours plus profond, et en cinq étapes, s’il vous plaît. Le pire, ce n’est même pas quand le fond est touché dans la boue, les tessons de bouteilles et les rats apathiques et boursouflés. Non, là ça creuse, ça gueule, ça éructe, ça crache, ça bave, pris de spasmes dans une flaque, la langue coupée au burin. Five Degrees Of Insanity est écorché, grotesque, malsain, tendu, et tout autre adjectif synonyme ou proche dans l’esprit est ici autorisé.

Cult Of Occult Band

Il y a des jours comme ça où on découvre une pièce de cet acabit, et on met un certain temps à la digérer. On apprivoise sa musique, poussant les potards du sludge brumeux au max. On mate sa pochette hommage à King Crimson en mode mongoloïde sadique qui écoute du black et on se fait une raison. Cet album est un assommoir, il rendra désagréable la sieste emmitouflé dans le plaid réconfortant tout comme il donnera une autre vision de l’apéritif à 19 heures pétantes.

Je ne sais pas vous mais je vais me prendre une bière…
Merde… Mes pompes…

Jéré Mignon

Coup de Coeur C&Osmall

https://cultofoccult.wordpress.com/

Five Degrees Of Insanity
Cult Of Occult
2015
Vendetta Records

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