Alela Diane & Ryan Francesconi – Cold Moon

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Alela Diane est une des plus belles voix folk du moment. Commencer une chronique avec cette affirmation est assez dangereux puisque vous savez déjà que je vais vous conseiller de jeter vos deux oreilles sur son magnifique 5ème disque serein, contemplatif, dépouillé, et qui soigne l’âme. Mais continuez à lire, je vous en prie ! Alela Diane, américaine aux origines indiennes, a toujours convoqué les esprits de la nature et de la vie dans ses productions. Sa voix de cristal vous envahit et ne vous lâche plus, vous invitant dans un univers fascinant et hypnotisant. Mais jamais autant que sur cet album, Cold Moon. Précédemment accompagnée par son père Tom Mening, qui chantait dans un cover band de Grateful Dead, et parfois de Mariee Sioux, elle a fait les premières parties de Joanna Newsom, originaire du même coin de Californie qu’elle. C’est Joanna, la même qui a fait sortir Roy Harper de sa retraite en live, qui a donc mis le pied à l’étrier à Alela au milieu des années 2000, et elle a eu du nez (Il est aussi conseillé de se pencher sur son nouveau CD, Divers, par la même occasion !). De The Pirate’s Gospel au merveilleux About Farewell, il n’y a rien à jeter. Quant à Ryan Francesconi, il a aidé Joanna Newsom a réaliser son triple album Have One On Me il y a quelques années. Il se charge ici de toutes les guitares et a co-composé Cold Moon. C’est donc à un opus collaboratif que nous avons affaire.

Dès les premières notes de « Quiet Corner », on est transporté dans une folk contemplative, accompagnée d’une voix claire, réminiscente de Joni Mitchell, avec un phrasé délicat et articulé, presque jazzy, tout au long du disque. Beauté fascinante. « Migration », intimiste, se permet une échappée finale surprenante, invitant les cordes et prenant une ampleur que ne renierait pas Other Lives. « The Sun Today » nous plonge brièvement en plein folk 60’s tandis que « No Thought Of Leaving » hypnotise sur l’idée que rien ne commence et rien ne finit. José Gonzalez n’est pas loin dans le style. « Cold Moon » sort des sentiers battus avec son trombone rappelant Sufjan Stevens, et sa basse chaude. Les harmonies d’Alela sont divines, et encore plus sur « Shapeless », proche d’Agnès Obel, incantatoire, comme un ancien rituel oublié. Magique. « Shift » montre une nouvelle fois une immense liberté musicale, une fluidité désarmante de beauté. Enfin, « Roy » clôt ce cycle avec un au revoir et une évocation de l’inexorabilité du temps qui passe. Adieux sous les cieux d’une nuit éternelle. Emouvant.

Alela Diane Ryan Francesconi

Alela Diane & Ryan Francesconi ont créé une œuvre qui n’est pas forcément abordable à la première écoute. Subtile, avec des arrangements discrets mais toujours remarquables, l’album se laisse apprivoiser à condition de se laisser aller, d’oublier son monde et de se réfugier dans une bulle musicale tournée vers les grands espaces du ciel et non ceux de la terre. Une élévation salutaire, surprenante, revigorante.

Fred Natuzzi

http://www.aleladiane.com/

Cold Moon
Alela Diane & Ryan Francesconi
2015
Pias

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