A.C.T. – Rebirth

Rebirth
A.C.T.
Autoproduction
2019
Rudzik

A.C.T. – Rebirth

A.C.T. Rebirth

J’écris cette chronique pour réparer un incroyable préjudice. Comment ça ? A.C.T. n’a jamais eu les honneurs des colonnes de Clair et Obscur ? Ce combo suédois m’a procuré des heures d’écoute jamais rassasiées de rock progressif jouissif et joyeux tout au long de vingt ans d’existence et de cinq albums. Rarement il m’est arrivé d’être confronté à une discographie aussi fournie et éclectique mais surtout d’une qualité tellement impressionnante et constante que je n’arrive pas à en ressortir un qui serait plus faible que les autres. Certes, mon petit chouchou reste (et restera sans doute) le double LP Silence qui est monstrueux mais leur dernier rejeton, Circus Pandemonium et son concept sombre sur l’univers du cirque m’avait remis aussi une sacrée claque.
Et voilà qu’A.C.T. repointe le bout de son nez presque timidement avec un simple EP nommé Rebirth, comme le ferait un tout jeune groupe ou un combo plus aguerri qui se reformerait et tâterait le terrain de sa gloire passée. Mais rien de tout ça pour nos joyeux drilles. En fait, il s’agit d’un effort préliminaire à la sortie d’un véritable album en bonne et due forme. C’est juste que nos impatients Suédois ont voulu faire plaisir à leurs fans en leur livrant dès à présent cinq titres, un amuse-gueule princier en quelque sorte.

A.C.T. Rebirth band1
Je plagierais honteusement les paroles d’un de leurs ingénieurs du son qui s’exprimait à l’issue de l’enregistrement de Silence ainsi : « Les mecs, maintenant je commence à comprendre votre musique. Tout d’abord, il y a une intro, puis un couplet puis… tout peut arriver ! ». Il n’y a rien de plus vrai dans ce bazar musical en apparence désorganisé mais qui finit toujours par revenir dans les clous de mélodies incroyablement accrocheuses.
Bien sûr, Rebirth ne fait pas exception à la règle mais A.C.T. réussit aussi à chaque fois le tour de force de se renouveler en restant fidèle à ses racines. Pour ceux qui comme moi, connaissent bien la production du combo, le sentiment de « déjà vu » est dosé idéalement. On reconnait sans coup férir le style enjoué et complexe du groupe mais d’auto-plagiat, pas de ça chez nous ! De nouveau, c’est la déferlante d’arpèges de guitare et de clavier de Jerry Sahlin et Ola Andersson entrecoupés de breaks secs et d’une improbabilité typiquement reconnaissable (oui, je sais, c’est complètement antinomique mais je n’arrive pas à qualifier ces rythmes fous autrement). Ces derniers sont imposés par la section rythmique hors pair composée de Peter Asp (basse) et de la « pieuvre survoltée » Thomas Lejon (batterie). Tout ce gai bordel organisé (désolé, encore une antinomie) est survolé par le chant radieux de l’éternel « gamin » Herman Saming qui ne fait vraiment pas son âge.
Un exemple ? Dans chaque album se glisse un passage (et même souvent un titre complet) de reggae. Le meilleur d’entre eux est à mon sens « A Truly Gifted Man » de Circus Pandemonium. Et là, je m’aperçois que ce passage est cette fois-ci insidieusement caché dans les tréfonds du rocky « Meet The Past  », bande de petits cachottiers. Egalement, les traditionnels passages blues/rock qui refusent de faire leur coming-out émaillent un morceau comme « Running Out Of Luck ».

A.C.T. Rebirth band2
Autre paradoxe avec A.C.T., impossible de se lasser de refrains pop et souvent simplissimes qui s’impriment très vite dans notre esprit. Pourquoi ? Je n’en sais fichtre rien mais il est vrai que les breaks et changements de rythmes incessants doivent y être pour quelque chose. Des innovations, oui, comme toujours et principalement avec l’électro porté au pouvoir sur les couplets de « Digital Affair » et sur un passage de chant trafiqué de « A Broken Trust ».
Le groupe a choisi de mettre en avant « The Ruler Of The World » et effectivement, il s’agit du morceau qui incarne le plus ce changement dans la continuité (ce band me fera devenir fou à force d’écrire des antinomies). Il représente donc une excellente introduction à l’univers schizophrénique d’A.C.T. Globalement cet EP est très joyeux et « A Broken Trust » en est le meilleur exemple. Il ne comporte pratiquement pas de passages plus sombres comme on pouvait en trouver sur les albums précédents. On peut supposer que ceux-ci apparaîtront sur la version rallongée qui nous est promise.
Ainsi, plutôt qu’une renaissance, A.C.T. se réinvente de nouveau avec bonheur et joie pour un Rebirth incarnant la promesse d’un futur LP qui nous met l’eau à la bouche.

Coup de Coeur C&O

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