Live report Yilian Cañizares, au Théâtre de la Concorde, Paris, le 13 mars 2026

Live report Yilian Cañizares, au Théâtre de la Concorde, Paris, le 13 mars 2026
2026
Lucas Biela

Live report Yilian Cañizares, au Théâtre de la Concorde, Paris, le 13 mars 2026

Live report Yilian Cañizares

Violoniste et chanteuse d’origine cubaine, Yilian Cañizares aime brouiller les pistes en s’affranchissant de toute étiquette. C’est ainsi que dans sa musique se croisent le classique, le jazz, les rythmes afro-cubains, les résonances latines, mais également les musiques urbaines. Le 13 mars 2026, dans le ciel gris de Paris, un rayon de soleil a illuminé la scène du Théâtre de la Concorde. Pour entrer dans le vif du sujet, les notes de violon de notre talentueuse Cubano-Suissesse volent avec la grâce d’un héron tout en présentant l’effronterie d’une pie. Faites secouer des rythmes colorés et l’instrument à cordes s’enhardit, dans une espièglerie à faire sourire. C’est aussi la versatilité qui s’invite dans le spectacle. Ainsi, le chant habité de la belle peut se poser sur des notes fragiles. A l’inverse, quand la voix adopte un registre lamenté, le violon la console. Mais il suffit que l’instrument soit au contact du groove contagieux des camarades de jeu pour tourner le dos à la douleur et rejoindre l’allégresse. Il en est alors tellement ému qu’il se lance dans une virtuosité incontrôlable. Et justement, ces digressions surprenantes mais bienvenues sont nombreuses durant le concert. En effet, on ne compte pas le nombre de duos qui dénotent la joie et la complicité propres à cette formation. Comment ne pas sourire à cette joute amusée où le batteur/percusionniste Inor Sotolongo et le bassiste Childo Tomas cherchent chacun à avoir le dernier mot. Et comment ne pas s’émerveiller devant ce dialogue singulier entre pincement et grattement quand Yilian et Childo se tiennent face à face. Enfin, le duo enflammé entre le petit instrument et les grandes percussions a de quoi étourdir.

Live Report Yilian Canizares Band 1

Et en matière de tourbillon, l’émulation de nos trois musiciens dans les improvisations fait voltiger les notes de violon et bouillir les rythmes. Mais ces moments explosifs ne doivent pas cacher les velléités touchantes. Ainsi, quand Childo joue de son petit tuyau bleu, c’est le calme des champs de blé par une journée chaude d’été qui s’invite. De même dans le solo de basse qui suit, à travers une confrontation troublante, l’introspection tient tête à l’énergie. On note aussi qu’à des pizzicatos amusés vient répondre une guitare nostalgique. Et sur les cadences chaloupées d’une cumbia langoureuse, c’est un chant bienveillant qui nous saisit. Mais alors qu’on s’imagine que la rythmique est toujours à la fête, elle nous surprend quand elle se lance dans un groove sombre empreint de doutes. Dans un élan de solidarité, le violon, alors pris d’extase, rejoint ses compagnons dans leur peine. Il tente d’apporter du baume au cœur par ses envolées progressivement radieuses. Et dans son solo inspiré, le compatriote de Yilian met sur le même pied d’égalité percussions et batterie, montrant à quel point le respect mutuel est important au sein de notre trio. Vous le voyez dans ce portrait, complicité, émulation, musicalité, versatilité ont jalonné un concert d’une grande qualité.

https://www.yiliancanizares.com/

 

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