The Tea Party – Live In Australia : The Reformation Tour

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Un petit tour du côté le plus sombre de la psyché, ça vous dit ? C’est ce que vous propose le groupe canadien The Tea Party depuis 1993. Inspiré du rock et du blues ravageur de Led Zeppelin, et influencé par la fusion des instruments rock occidentaux et moyen-orientaux, le combo a offert à son public de fidèles 6 albums puissants, mélange de rock brut à tendance gothique et progressive à base de guitares étourdissantes, de claviers atmosphériques et d’instruments plus originaux les uns que les autres. 3 membres forment le Tea Party : Jeff Burrows, batteur et percussionniste impressionnant, Stuart Chatwood, bassiste et claviériste responsable de la plupart des ambiances telluriques du groupe, et Jeff Martin, chanteur guitariste, adepte de tous les instruments du moment qu’il y a des cordes dessus, sorte de Jim Morrison revenu d’entre les morts, voix ténébreuse profonde et puissante, soufflant le chaud et le froid, à tête d’ange tentateur et guide vers des univers noirs.

En 2005, Jeff Martin décide de faire un break et part en solo pour 3 albums plus  immédiats, acoustique et blues pour « Exile And The Kingdom », rock pour « The Armada » et « The Ground Cries Out », mais très variés. Stuart Chatwood, lui, connaitra un certain succès avec la bande originale du jeu « Prince Of Persia », condensé des ambiances orientales de Tea Party. En 2011, la pression des fans est telle que Jeff Martin, qui en avait aussi envie,  décide de reformer le groupe, et de monter une tournée best of au Canada et en Australie où se niche la majorité des fans du trio. Un nouvel album devrait voir le jour cette année, et une tournée européenne devrait se concrétiser en 2014, si le succès est au rendez-vous. On avait pu les apercevoir d’ailleurs qu’en première partie de leurs héros Jimmy Page et Robert Plant sur la tournée « Unledded ».

Ce concert est donc une superbe introduction pour ceux qui ne les connaissent pas. Double live de plus de deux heures, il est disponible en CD, DVD et Blu-ray. Pour les fans, c’est le moment de voir ce que donne le groupe sur scène… Réponse : une tuerie ! La musique de The Tea Party n’a pas pris une ride. Au top de leur forme, ils délivrent une incroyable performance, reposant sur leur leader charismatique qui envoute les foules, et sur l’incroyable complémentarité de Chatwood et Burrows. Chatwood, jongle entre sa basse, son clavier, son harmonium, sa mandoline et sa guitare acoustique. Burrows tâte de la darbouka ; quant à Martin, en plus de la guitare, va jouer du thérémine (comme Page, entre autre), de l’esraj, instrument indien joué avec un archet qu’il utilise d’ailleurs aussi sur sa guitare (comme Page, encore, entre autre !).

Tous les titres sont issus des cinq premiers albums. De « Splendor Solis », « The River » ouvre le bal et ses 10 énormes minutes rappellent que, dès le début, The Tea Party avait déjà tout compris. Le classique « Save Me », est toujours intense et éblouissant et le diabolique blues « Sun Going Down » (précédé par une intro de Led Zeppelin « Nobody’s Fault But Mine ») envoute sur 12 minutes géniales ou Jeff Martin montre toute ses capacités à mener un public là où il le veut. Grand moment. « The Edges Of Twilight », sans aucun doute l’un des plus grands albums du groupe et peut-être des années 90 (rien de moins !), est le préféré de nombre de fans, il a donc la part belle de la set list : l’hypnotisant et fascinant « Fire In The Head », le génial arabisant « The Bazaar », ici sans son enrobage oriental, donc purement rock, le beau et lancinant « Correspondences », le calme instrumental « The Badger », le classique parmi les classiques « Sister Awake », qui résume à lui tout seul la direction du groupe, avec ses 10 minutes intenses, passant par la beauté acoustique à la fièvre rock en n’oubliant pas la fusion orientale. Enfin, l’aérien et magnifique acoustique « Shadows On The Mountainside », écrit par Jeff Martin après avoir pris son premier champignon hallucinogène dans un thé préparé par une groupie !

3eme album : le percutant « Transmission ». On retrouve le fabuleux et désespéré « Temptation », la balade au climat  inquiétant et aux paroles engagées contre la violence faite aux femmes « Release » et  le gigantesque et emblématique « Psychopomp ». Le 4eme opus, le bien nommé « Triptych », achevait un cycle chez The Tea Party, avec le single pop « Heaven Coming Down », très efficace et qui marquait une volonté de toucher un plus large public, « Halcyon Days » plus puissant et progressif, « The Messenger », reprise de Daniel Lanois, qui s’inscrit très bien dans l’univers du groupe. De « The Interzone Mantras », seul le métal mélodique « Lullaby » est ressortie du placard. Par contre, il n’y a aucun titre du dernier album mal aimé « Seven Circles » (dont vous trouverez pourtant la chronique ici !).

The Tea Party revient avec une pêche d’enfer, son rock ambitieux manquait à la musique des années 2010, et sa fusion des genres fait le sel de cette formation. Rien que pour découvrir la rock star Jeff Martin, vous vous devez de jeter une oreille (et un œil) sur ce live qui déménage.

Fred Natuzzi (9/10)

http://www.teaparty.com/

Live In Australia : The Reformation Tour
The Tea Party
2012
Linus

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