Steve Hackett – The Dark Siren

Steve Hackett - The Dark Siren

Les disques de Steve Hackett, c’est pour moi un petit peu comme les médicaments homéopathiques que ma mère me faisait prendre quand j’étais petit : j’y croyais pas mais j’avais pas le choix ! Et puis de temps en temps, ça marchait dis donc !

Je me souviens particulièrement d’une pommade très efficace pour le nez qui s’appelait Homéorine. Avoue que c’est quand même très bien trouvé comme nom de pommade homéopathique pour le nez… Eh bien, The Dark Siren c’est l’Homéorine des albums de Steve Hackett ! Ça marche, et je dirais même que ça marche d’enfer… Sauf que l’album en question, au lieu de te le mettre dans le nez, tu te le mets dans le casque.

Bon, ceci dit, il reste toujours quelques systématismes du « Steak Haché » qui continuent de m’indisposer. Je t’en parle tout de suite, comme ça, ça sera plus la peine de le faire. Je l’appelle « Steak Haché » parce que mon dictaphone ne sait pas comment écrire Hackett, il écrit « Steve Inquiète », ce qui n’est pas du tout à propos. En revanche, Steak Haché, il sait l’écrire. Une chance !  De toute façon, c’est comme ça que je l’appelle depuis ma plus tendre enfance. Tu sais, l’époque où je mettais de l’Homéorine dans le nez…).

Steve Hackett - Photo

Où j’en étais déjà… Ah oui, ce qui continue de m’énerver ! Primo, sa voix. Et pourtant, qu’est-ce qu’il a fait comme progrès depuis Cured. Je ne sais pas de quoi il était guéri à l’époque, mais c’était certainement pas de la gorge. Et puis, tous mes compliments à l’ingénieur du son : être capable de rendre une voix de crécelle écoutable est une véritable prouesse artistique. Deuxio, sa nouvelle manie de faire des solos avec les doigts qui volent partout, dans un style « Zappa de cuisine », est beaucoup trop loin de ce qui a toujours fait sa force : les belles mélodies à la « Firth of Firth » ou « Lamia » ou « Fountain of Salmacis » ou… Bon je présume que t’as compris l’idée générale. Heureusement, il y a aussi de belles mélodies dans The Dark Siren. Ah ! Il y a encore un autre petit quelque chose. Décidément, qu’est-ce qui m’arrive ? Je t’assure que je l’adore cet album. Presque à chaque nouveau morceau, tu as l’impression qu’il essaye de te faire un cours d’ethnomusicologie pour attardé mental. Un petit peu comme un Américain qui se mettrait un béret sur la tête en disant « femme fatale » avec la certitude qu’il a tout compris de la culture française. D’ailleurs, quand tu vois la liste des instrumentistes et instruments crédités, tu comprends ce que je veux dire !

Qui qui joue de l’instrument ethnique où ?

  • Steve Hackett – oud, charango, sitar
  • Malik Mansurov – tar dans « Behind The Smoke »
  • Gulli Briem – cajon
  • Rob Townsend – flageolet (non, il ne fait jouer que les doigts ce flageolet-là…), quena, duduk (celui avec les trous)
  • Troy Donockley – uilleann pipes dans « In Another Life »
  • Sara Kovács – didgeridoo on « Fifty Miles From the North Pole »

Mais, contrairement à Peter Gabriel, je ne trouve pas que ça colle. J’ai d’ailleurs lu qu’au départ, il n’avait pas l’intention d’incorporer cet aspect « musiques du monde », et ça se sent.

Bon, à présent, ce qui me plait ? Bin tout le reste. Une variété dans les chansons pas entendue depuis Please Don’t Touch, de belles mélodies (« Another Side Of The Wall », « In The Skeleton Gallery »), du très bon style Steve Hackett (« Behind The Smoke », « Martian Sea » qui me fait penser à l’album Spectral Mornings, « El Niño » qui me rappelle « Please Don’t Touch » justement), des belles chansons (« West To East ») et une franchement ringarde (« Anything But Love »). Mais surtout, cet album contient des surprises à peu près à chaque morceau : c’est puissant, doux, harmonieux ou dissonant quand tu t’y attends le moins. Et enfin « The Gift » qui, comme son nom l’indique, est un petit cadeau de départ qui te force la main et te donne envie d’y retourner pour un tour.

A ce propos, je commence à avoir le nez qui pique, je me demande si je ne vais pas me remettre un peu d’Homéorine tout de suite. Allez, @pluche comme disait mon très regretté ami Philippe.

Pascal Bouquillard

http://www.hackettsongs.com/

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