Rêverie et poésie au pays de la musique électronique progressive…

Synthétiseur

Plus que jamais, l’association française Patch Work Music continue à enrichir son catalogue entièrement dédié aux musiques électroniques progressives. Parmi les nouveautés du moment (nous avions chroniqué il y peu Uranophonies de Frédéric Gerchambeau et Zreen Toyz), signalons la sortie en CD des dernières créations respectives d’Olivier Briand et de Bertrand Loreau, à savoir Ice & Fire et Correspondances. Le premier album qui nous intéresse ici, sorte d’hommage à Vangelis (à des parsecs du moindre plagiat), s’inscrit dans la même démarche et la droite continuité esthétique de l’excellent Light Memories, plébiscité dans nos pages. Les deux opus ont d’ailleurs été composés et enregistrés par le claviériste durant la même période (courant 2004), et dans des conditions techniques similaires. Si Light Memories évoquait parfois l’atmosphère urbaine et futuriste du chef-d’oeuvre Blade Runner, on retrouvera plutôt dans Ice & Fire quelques « échos » et sonorités typiques du fameux Opéra Sauvage (« Ice World part 1 & 2 », « Magic Is Everywhere »), voire d’heureux clins d’œil au classique Spiral (« Spiralling In The Sky » et sa longue improvisation finale au piano électrique), pour ne citer que ces deux incontournables références. L’influence de Tangerine Dream est également palpable ici et là (« Ceremonia », « Burning Progression », « Sublimation moléculaire »), avec d’habiles séquenceurs venant ponctuer les 10 compositions de ce très bel album, absolument indispensable si vous aviez été séduit tout comme moi par son prédécesseur.

Olivier Briand Bertrand Loreau

On change radicalement de décor (pour ne pas dire d’univers !) avec Correspondances, la dernière longue rêverie en date proposée par Bertrand Loreau, poète impressionniste de la scène électronique hexagonale. S’inscrivant dans une veine avant-gardiste (à la manière de Promenade Nocturne et Amarres Rompues) qui en aucun cas ne sombre dans un quelconque hermétisme, Correspondances invite l’auditeur à un passionnant voyage émotionnel et introspectif le temps de deux longues plages électroacoustiques confondantes de beauté et d’originalité. Bruitages divers (avec des ambiances parfois surprenantes captées au quotidien à l’aide d’un enregistreur numérique), voix enfantines, digressions électroniques minimalistes, séquences furtives, jolies parties de piano (tantôt lyriques, tantôt délicates), passages intimistes à la guitare classique… : tels sont les multiples ingrédients « aléatoires » de l’étonnante recette baptisée Correspondances, sorte de gracieux et émouvant poème musical surréaliste. Décidément, il règne un vent de liberté créative absolue chez un Bertrand Loreau aujourd’hui résolument à contre-courant dans sa propre confrérie de synthétistes, avec toujours de belles réussites à la clef. Chapeau l’artiste !

En ce début 2016 chez Patch Work Music, deux œuvres sincères et personnelles sont à découvrir sans tarder pour les amoureux de musiques électroniques, oniriques et cinématiques ! Et l’année ne fait que commencer…

Philippe Vallin

http://asso-pwm.fr/

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http://www.bertrandloreau.com/

 

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