Owann – Particles

Owann-Particles

Owann, de son vrai nom Johan de Paepe, a avant tout pour passion la photographie. Il est connu pour les superbes clichés qu’il prend lors des festivals de musique électronique. Mais là, c’est lui qui vient de sortir son album à la gloire des sonorités synthétiques, magiques et magnétiques de la Berlin School allemande des années 70, et des séquenceurs hallucinés et lancinants de Tangerine Dream et de Klaus Schulze. Mais attention, il ne s’agit pas là du premier album d’un synthésiste débutant qui cherche à rendre un hommage certes touchant mais maladroit aux musiciens qui l’ont fait rêver. Oui, un hommage appuyé est certainement rendu aux initiateurs de la Berlin School dans Particles. Mais cet album est avant tout d’une classe folle et d’une maîtrise parfaite. Les sons y sont superbes, les mélodies caressantes, les séquences raffinées et idem pour le reste. On sent dans tout ceci le musicien qui a grandi et mûri au coeur du photographe, nous révélant maintenant des musiques qui ont toujours flottées et tournoyées dans son esprit. On y sent aussi beaucoup l’influence de la musique classique, notamment dans l’utilisation de sons de violon et de piano dans quelques morceaux. Ceci ne fait qu’accentuer le sentiment de rêve éveillé qui court tout au long de l’album.

C’est à la fin des années 70 que Johan de Paepe a entendu pour la première fois l’album Wish You Were Here de Pink Floyd. Il a tout de suite été intéressé par les longues plages instrumentales. Un jour, son père l’a emmené dans un magasin de disques et a demandé conseil au vendeur : « Comment trouver davantage de ce genre de musique ? » Le vendeur lui a alors suggéré un groupe allemand, Tangerine Dream et notamment un de leurs albums, Rubycon. C’était exactement ce que recherchait Johan de Paepe, et mieux encore, une musique venue d’une tout autre planète. Il est devenu fan instantanément. Par la suite, il s’est procuré Ricochet, puis tous les autres albums, un par un. Puis ceux de Klaus Schulze. De fait, il a tout acheté et tout écouté de cette période. Dix ans, quinze ans après, sa vie a changé. Il a eu une famille, des enfants. Par manque de temps, il a complètement arrêté d’écouter de la musique électronique. C’est grâce à internet qu’il s’y est replongé, il y a quelques années seulement. Il se demandait ce que devenaient Tangerine Dream et Klaus Schulze. Une simple requête sur un moteur de recherche lui a permis de découvrir qu’ils existaient toujours. En revanche, il a constaté à quel point leur style avait changé. Lui, il reste attaché à leur première période.

Owann

Owann est une autre manière de prononcer son prénom, Johan. En effet, Johan de Paepe travaille dans une institution pour handicapés mentaux. Certains d’entre eux ont des problèmes d’élocution et ne prononcent pas bien son prénom. Ils disent Owann. C’est à eux que Johan de Paepe doit son nom d’artiste. Quant au nom de son premier album, Particles, il est très pensé. Pour Johan/Owann, les morceaux de son album sont comme des particules, chacune d’un genre différent. Quand il entend une pièce de musique qui lui plaît, il essaie toujours de la décomposer pour comprendre comment elle a été construite. Ensuite, il tente de reproduire ce qu’il a entendu et l’analyse qu’il en a tirée avec ses logiciels.

Frederic Gerchambeau

https://www.facebook.com/Owann

https://owann.bandcamp.com/releases

Note : voir également les chroniques de Frederic Gerchambeau au sujet des albums Transposing (The Tower Tree) et Frigments/Fragments (BySenses) publiés les 7 et 8 décembre.

Particles
Owann
2015
Autoproduction

Un commentaire

  • Dewachtere Didier

    Merci Frederic pour le tres bon article sur cette album de mon ami Johan 🙂 L’album est vraiment comme vous l’avez ecrit. Tres agreeable 🙂 MErci.
    Didier aka BySenses

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