Orfey – J’aime, Je T’aime

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Après Portés Par La Lumière, voici donc un deuxième album où Orfey, alias Pascal Bacquet, met en musique des textes de son ami de longue date Grégory Picart. Si leur premier opus en commun, Portés Par La Lumière, était centré sur l’enfance, ici le thème de l’amour s’allie à celui, plus sombre, de la mort. Mais qu’il s’agisse de l’enfance, de l’amour ou de la mort, c’est avant tout de voir ces sujets avec implication et réalisme dont il est question. J’aime, Je T’aime est donc, malgré son titre un peu trompeur, un album dans l’ensemble plus ténébreux, plus douloureux, que le précédent, qui lui-même n’était pas toujours aussi lumineux que ça dans certains de ses aspects. Mais on ne se refait pas et Pascal Bacquet revendique son appartenance au rock, jusque dans ses tendances les plus extrêmes. L’absence, la tristesse, la mort même, ne lui font donc pas peur musicalement parlant et c’est avec acuité et profondeur qu’il s’en empare tout en laissant s’exprimer aussi sa sensibilité, qu’on sent à fleur de peau.

On sent également, toujours par rapport à l’album précédent, une plus grande prise de risque, un plus grand abandon des concessions dans les compositions ainsi que dans la production. Il y a quelque chose de plus direct, de plus brut, je dirais presque de plus écorché dans la manière d’investir le thème des chansons à caractère sombre. Comme si un filtre avait sauté, comme si Pascal Bacquet s’était autorisé à dire plus abruptement, intensément ce qu’il a au fond du coeur concernant les thèmes obscurs abordés. Pourtant je sais qu’il y en aura toujours pour critiquer le style d’Orfey/Pascal Bacquet au nom d’une certaine obédience du rock progressif qui le trouvera trop ceci ou pas assez cela. Peu m’importe. Je suis prêt à défendre ce compositeur qui oeuvre avec son coeur qui a fait là un album d’artisan passionné.

Pascal Bacquet

Pour les autres, ils trouveront dans J’aime, Je T’aime toute la sincérité et l’humanité de Pascal Bacquet et son savoir-faire basé sur plus de vingt ans d’expérience du home-studio. Personnellement je trouve, paradoxalement, le son moins rock dans ce nouvel album. En revanche, d’autres voies, d’autres styles, parfois difficiles à définir exactement, semblent avoir été explorés, prouvant par là que Pascal Bacquet a souhaité à toutes forces coller aux textes qui lui étaient proposés, jusqu’à inventer pour des styles spécifiques. Ceci aboutit à un album varié, souvent étonnant, et toujours émouvant.

Frédéric Gerchambeau

https://orfey.bandcamp.com/releases

J'aime, je t'aime
Orfey
2016
Autoproduction

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