Metamorphosis – The Turning Point

Metamorphosis revient, sept ans après le somptueux Dark qui avait mis alors tout le monde d’accord. La Suisse a toujours été un réservoir étonnant de formations progressives de haute volée. Contentons-nous de citer Clepsydra, Galaad et Deyss parmi les plus dignes représentants de ce style bien vivace. Osons de suite affirmer que The Turning Point peut derechef prétendre au titre de meilleur album proposé par la troupe de Jean-Pierre Schenk. Une production claire et dynamique, des compositions ciselées à haut potentiel mélodique, une thématique intelligente et adulte qui nous change des élucubrations post-adolescentes malheureusement trop présentes chez d’autres formations pourtant bien plus célèbres (vous avez dit Dream Theater ?). Les amoureux de Pink Floyd, Porcupine Tree, RPWL et autres John Wesley en ont probablement déjà les babines qui salivent. Qu’ils attendent donc d’écouter cette galette de Noël et ce seront leurs mâchoires qui iront choir sur la crèche disposée devant leur étal de disques de l’année 2016. A relever également que l’illustration de pochette apparaît comme particulièrement réussie et participe du mystère développé par le fil rouge narratif des huit titres composant ce magnum opus.

Ce chef-d’œuvre a été enregistré au studio Black Rabbit, à La Chaux-de-Fonds, métropole horlogère du Jura helvète et plus haute ville d’Europe. Peut-être que le climat vitalisant et oxygéné de la cité natale de Blaise Cendrars (et de Louis Chevrolet) a permis à l’ingénieur du son, producteur (et incroyable guitariste) Olivier Guenat d’insuffler ce supplément d’âme capable de transformer une esquisse sympathique en authentique toile de maître. Force est de souligner que l’apport de musiciens chevronnés, engagés par le maître de cérémonie, a permis de relever le niveau d’exigence (déjà passablement audacieux) à un sommet rarement égalé pour une création autoproduite. Répétons-le : l’architecture sonore de The Turning Point n’a rien à envier aux travaux-étalons de Roger Waters que restent Amused to Death ou autres Animals. Au milieu de ce tissu de louanges, ayons l’honnêteté de relever que le travail sur les voix ne semble en rien essentiel, contrairement à d’autres formations cousines comme Marillion ou Abigail’s Ghost. Ce pur délice auditif doit beaucoup à ses lignes de guitare, finement exécutées et diablement excitantes. Jean-Pierre Schenk tient là sa botte secrète, vite devenue marque de fabrique du son léché labellisé Metamorphosis. Il ne manquerait plus au quintette que de se distancier encore un peu de l’influence de Steven Wilson (Porcupine Tree, No-Man) pour oser affirmer sa puissance d’être, encore potentielle et partiellement retenue. L’avenir promet donc d’être lumineux pour les auteurs de Dark. L’opération sapin de Noël a déjà commencé (un peu en retard, cependant).

                                                                                                                      Christophe Gigon

  http://www.jp-metamorphosis.com

https://metam.bandcamp.com/album/the-turning-point

The Turning Point
Metamorphosis
Autoproduction
2016

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