Kurtz Mindfields – Un périple dans le monde de l’expérimentation analogue

Kurtz Mindfields

Kurtz Mindfields : Journey Through The Analoge Adventure/ The Dreaming Void

Avec Kurtz Mindfields, de son vrai nom Jean-Luc Briançon, et ses deux albums Journey Through The Analog Adventure, sorti en 2015, et le tout récent The Dreaming Void, on tape dans le lourd, le très lourd de la musique électronique de ces dernières années. D’abord parce que Jean-Luc Briançon n’est pas le premier claviériste venu, et assurément aussi du fait de la profusion musicale presque insensée représentée par l’addition de ces deux albums. Et si on y ajoute la liste ébouriffante des synthés utilisés, on entre directement dans l’onirique, ou dans l’indécent, comme on voudra. Bon, je vous dois maintenant une explication à propos de tous ces superlatifs.

Jean-Luc Briançon a commencé l’apprentissage du piano à l’âge de 10 ans, au départ par le biais de la méthode traditionnelle classique puis au travers du blues, du boogie et la pop. Il découvre les synthétiseurs à l’âge de 15 ans. Viennent ensuite les premiers groupes, les premières compositions, et enfin la professionnalisation. Après deux ans d’études à l’école de jazz de l’AIMRA de Lyon, de 22 à 23 ans, il part aux États-Unis et plus exactement au Musician Institute de Los Angeles dont il est revenu diplômé avec même un Award du meilleur groupe instrumental de l’année en 1992. A son retour en France, il crée le studio Nuage7 et fonde le très excellent groupe de jazz Abigoba.

C’est en 1976 que Jean-Luc Briançon découvre Oxygène de Jean-Michel Jarre. C’est une révélation. D’autant plus qu’il est sidéré peu de temps après par la musique de Tangerine Dream. Alors il achète un orgue électronique GEM qu’un ami avait modifié pour avoir une sortie audio qui lui permettait de connecter des effets genre phasing et flanger, puis c’est le tour d’un premier synthétiseur, un Teisco S60 F. Plus tard vint son premier polyphonique, le JX3P Roland et enfin, pour ses vingt ans, il s’offre ses deux pièces maîtresses, un Minimoog et un Fender Rhodes. A partir de là, il ne fait qu’explorer la musique électronique des années 70, en rêvant d’un gros Moog modulaire comme ceux qu’il voyait dans les disques. Mais il a commencé à se sentir seul derrière ses machines et a découvert que des groupes comme Pink Floyd, ELP ou Yes utilisaient les mêmes claviers mais avec des batteurs, des guitaristes, en bref toute une artillererie, souvent très imposante. Dès lors, il a switché progressivement jusqu’au jazz mêlé à beaucoup de claviers de tous les genres.

C’est donc bien un retour à ses premières sources d’inspiration qu’a accompli Kurtz Mindfields/Jean-Luc Briançon avec ses deux Journey through The Analog Adventure  et The Dreaming Void. Il y rend un pléthorique et vibrant hommage à Klaus Schulze, Tangerine Dream, Jean-Michel Jarre, Brian Eno, Vangelis, Edgar Froese, Ash Ra Tempel, pour ne citer qu’eux, il y en a tellement ! Tout ceci donne de sa part une multitude de merveilleuses occasions pour des voyages aussi mélodiques que cosmiques, encore embellis par son incroyable savoir-faire en tant que claviériste et sa profonde passion pour les sons venus d’ailleurs et les synthés de légende.

Tiens, parlons-en de ces fameux synthés de rêve. Car il n’est franchement pas courant d’enregistrer ses albums avec un EMS Synthi A, un ARP 2500, un Moog Modulaire 3P ou encore un Yamaha CS 80. Le secret réside dans le fait qu’il a rendu une longue visite à Olivier Grall, dont le studio est connu pour abriter tout un arsenal de synthés à couper le souffle. Il est aisé de sentir que le courant est bien passé entre eux à l’écoute de l’impressionnant océan de sonorités synthétiques et de séquences de toute beauté qui en a résulté. Bravo pour ces deux albums, plus que bravo même ! Quel boulot cela a dû être que de mettre tout ceci en boîte, mais que de pépites magiques et de joyaux musicaux !

Frédéric Gerchambeau

https://www.facebook.com/KurtzMindfields

2 commentaires

  • Bel article pour un talentueux musicien (et ami), toutes mes félicitations au chroniqueur et à l’artiste.
    Il n’est pas audacieux de parler d’une « French Berlin School » 🙂

    Je me réjouis de pouvoir travailler avec Jean-Luc pour une toute première collaboration.

    Musicalement,
    Laurent (aka Sequentia Legenda)

  • alain

    j’aime bien écouter des choses nouvelles ,enfin plus nouvelles que mes anciens SCHULZE et TANGERINE DREAM !!!
    tiens je le partage parce que après ENO ,il me fait aussi planer!

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