James LaBrie – Impermanent Resonance

James LaBrie – Impermanent Resonance

A la fois décrié et adulé, James LaBrie est une des voix qui compte dans le milieu du metal. Pourtant, on n’attendait plus grand-chose de ses albums solo,  qui se contentaient du minimum syndical. Les hasards du calendrier font que son 5e disque (si l’on compte MullMuzzler) sort 3 mois avant le prochain Dream Theater. Ce qui différencie les offrandes du canadien de celles de son groupe, c’est un metal beaucoup plus direct, et donc moins technique, à la frontière du progressif. Cette fois-ci, il nous offre un metal mâtiné d’incursions heavy pop (« Back On The Ground », « Letting Go », entre autres). Cela n’empêche pas les envolées de guitares où certaines sonorités de claviers proches d’un Rudess, en étant beaucoup moins phagocytant. L’immédiateté de certains morceaux est plaisante, même si parfois leur couleur reste trop proche,  et James LaBrie se débarrasse de tics heavy trop voyants. L’accent est mis sur l’efficacité, la production bombarde le son, donnant à l’ensemble une solidité redoutable.

On notera quelques nouveautés : les voix hurlées par le batteur suédois Peter Wildoer, qui était un des finalistes pour remporter le poste suprême de collectionneur de fûts chez DT, et qui ménage certaines parties de batterie assez brutales (« I Will Not Break », « Agony »), ainsi que ce mélange metal et heavy pop qui éloigne James LaBrie des carcans étriqués du metal pur, et surtout de son band d’origine. On retrouve Matt Guillory aux claviers qui a pris une place très importance dans la conception du disque, et qui distille sa patte mélodique de façon très convaincante, ainsi que des sons de claviers modernes, plutôt salutaire dans ce genre-là (« Slight Of Hand » ou « Lost In The Fire » par exemple). La guitare est brillamment assurée par l’Italien Marco Sfogli, comme sur le précédent « Static Impulse ».

Certains titres sont impressionnants (l’énorme morceau d’ouverture « Agony », « Slight of Hand », « I Will Not Break »), et la capacité de LaBrie à se fondre dans ce genre ferait presque penser qu’il est plus à l’aise ici que dans Dream Theater. En tout cas, l’envie de chanter est palpable, ce qui n’était pas le cas dans les derniers opus de DT. De bout en bout, l’album emporte tout sur son passage, et s’impose comme le meilleur de son interprète. Espérons que le prochain DT soit au moins aussi convaincant et authentique que cet « Impermanent Resonance » qui s’avère tout à fait agréable et qui ne plaira pas à ceux qui s’attendent à du metal basique, ou à du prog metal complexe. Amateur de metal mélodique, au son moderne et non allergique aux incursions heavy-pop, faites-vous plaisir !

Fred Natuzzi (8/10)

www.jameslabrie.com

Impermanent Resonance
James LaBrie
2013
Inside Out

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