Different Light – The Burden Of Paradise

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Different Light a été fondé à Malte en 1994. Après un premier album, All About Yourself, et un EP, A Kind Of Consolation, le groupe s’est dissous pour renaître à Prague en 2008 et enregistrer un deuxième album, Icons That Weep. Enfin stabilisé, le groupe revient en 2016 avec The Burden Of Paradise. Different Light, c’est plutôt un groupe néo-progressif, chantant en anglais, proposant ici un album de 8 titres dont certains développent et articulent des ambiances variées comme il se doit souvent dans ce genre.

D’ailleurs, le premier thème de « In The Grand Scheme Of Things », le long morceau introductif a des airs de « Lavender » de Marillion. Rapidement, on s’aperçoit de la prégnance du refondateur du groupe et ci-devant claviériste et chanteur, Trevor Tabone. Outre l’aspect néo-prog, ça fleure également bon l’AOR américain bon teint, un peu à la manière de Styx ou REO Speedwagon (et comme j’adore ces deux groupes, je me sens en pays de connaissance). Les interventions, sporadiques, de la guitare solo de Petr Lux apportent de belles choses. Le son et le style de ce guitariste sont intéressants à plus d’un titre : il n’éclabousse pas, se concentrant surtout sur l’aspect mélodique de son propos. Les liaisons de ce premier titre épique sont un peu décousues, le tout ressemble plus à un collage (ainsi, on aurait pu changer de titre après la partie 5, « Pascal’s Vager »). D’autant que l’instrumental qui suit, « Out Of The Golgilocks Zone », s’il brille par l’intervention finale de Lux, ne fait pas vraiment lien avec la suite… On revient vers le côté REO Speedwagon qui fonctionne bien sur « Together There ». La dernière est courte partie n’est qu’une coda qui vient boucler ce premier titre de près de 22 minutes tout de même !

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Arrive alors ce qui constitue à mon sens le meilleur titre de l’album, « Voice Of Outside », que nous vous proposons en vidéo. Classique, avec de belles mélodies au piano, guitare acoustique et synthé, le texte avec son petit côté naïf est bien interprété avec une voix féminine en soutien et les chœurs de Petr Lux par moments. Ce dernier délivre d’ailleurs un beau solo, peut-être un peu court pour qu’il puisse faire montre de tout son talent de guitariste… L’instrumental « A St-Martin’s Summer » attaque comme le Tubular Bells de Mike Oldfield, mais la comparaison s’arrête là. Si la rythmique formée par Jirka (basse) et Petr (batterie) Matoušek assure bien la direction et que Petr Lux distille encore un bon solo, le titre n’apporte pas grand-chose. « Eternal Return » est une autre longue pièce (autour des 15 minutes) de l’album, dont l’ouverture nous ramène vers ce qui semble le mieux correspondre à Different Light : un rock à tendance progressive assez américain, basé pour beaucoup sur le piano, les synthés et des harmonies vocales. Cela se confirme tout au long de la pièce, le passage « Nectar Junky » ayant sur certaines parties des airs de Toto ! « Waking Moment », qui clôture cet épique, permet à Lux d’étaler un peu plus sa classe et, du coup, la rythmique s’envole et les chœurs finaux arrivent à point nommé. Belle pièce globalement que ce « Eternal Return ». « Transient Dream » est un mid-tempo du style ballade rock avec un chouette refrain par des chœurs bien équilibrés un peu à la Asia. Trevor Tabone montre quelques limites dans la mise en place du chant sur les couplets, mais le refrain est vraiment entraînant, on n’a aucun mal à se mettre à le chantonner. Encore un bon solo de Petr Lux (décidément, j’aime bien ce guitariste) et les voix peuvent venir conclure (très Asia le final aussi). Passons sur « Mare Imbrium », court instrumental qui n’apporte rien (cela doit pourtant avoir un sens dans l’aspect conceptuel de l’album, mais je ne saisis pas…). « In Love And War » est composé de deux titres, le premier, « I. Love », très Asia et REO Speedwagon à nouveau, et le second, « II. War », un peu dans la même veine (avec la basse de Jirka un peu plus en avant que d’habitude et à nouveau une belle intervention de Lux). L’album se ferme sur « All For You » qui tire encore vers la côte ouest des États-Unis.

Au final, l’album est plaisant mais souffre de quelques longueurs et d’un mastering qui ne le met pas en valeur à mon sens (trop compressé alors que la musique de Different Light mériterait de l’aération). Different Light est plutôt un groupe d’AOR progressif, et c’est dans ce registre que je les trouve les plus convaincants. En accentuant ce style, avec les belles harmonies vocales qu’ils maîtrisent et une place plus importante laissée au guitariste, The Burden Of Paradise aurait mérité un coup de cœur de ma part. Reste qu’il y a de très bons passages sur cet album et que les amateurs de néo-progressif à tendance AOR apprécieront l’entreprise de ce quatuor pragois.

Henri Vaugrand

http://www.differentlight.cz

https://www.facebook.com/differentlightsound

The Burden Of Paradise
Different Light
2016
Autoproduction

2 commentaires

  • JP

    Bel article sur un album décidément intéressant.

    J’avoue que la 1ère écoute me donner un sentiment de trop entendu, parfois proche de la caricature.
    Et puis, à la ré écoute, beaucoup de choses plus subtiles se dévoilent…

    Un commentaire tout de même sur (à mon sens, bien sur) un non dit dans l’article : la dimension « Hodgsonienne » est énorme et cela n’apparaît nullepart. Trevor Tabone a du baigner dans Supertramp toute son enfance, et plus encore dans les albums solo de Roger Hodgson… C’est hallucinant, flagrant, évident…
    La voix, déjà, bien qu’ayant une palette plus étroite que le maître, et moins de grain et de sensibilité.
    L’écriture, aussi, mêlant hyper sensibilité et naïveté ; une naïveté plus flagrante dans sa carrière solo, d’ailleurs.
    Son doigté, au clavier, même si on ne retrouve pas celui de Roger, et bien sûr encore moins celui de Rick Davis qui reste le clavier de référence dans Supertramp.
    J’entends tellement Hodgson dans cette album… C’est d’ailleurs peut être ce qui m’a dans un premier temps agacé, car parfois un peu caricatural. Et puis, objectivement, j’ai découvert plein de qualité dans ce disque et j’avoue qu’il me touche plus que je ne l’aurais pensé.
    Bien sûr, comme l’article le précise et le développe, les inspirations des artistes donnent au final une dimension qui n’a rien à voir avec l’univers de Supertramp.
    l’AOR américain demeure et domine.
    100% en phase sur la qualité du guitariste, qui, pour le coup, surpasse les compétences d’Hodgson à la 6 cordes.
    Bel album.

    • Henri Vaugrand

      Merci JP ! Oui, effectivement, on peut penser à une fibre hodgsonnienne. Nous sommes d’accord, en tout cas, sur les qualités indéniables de cet album et du guitariste du groupe… Musicalement, Henri

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