Demians – Mercury

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Construire l’empire Demians : partie 3 de 3

Quatre ans se sont écoulés depuis Mute, avec une communication organisée sur le thème du silence. Mais qu’a donc pu faire Demians pendant tout ce temps, lui qui distille les informations au compte-goutte? Notre savant multi-instrumentiste s’est consacré à la recherche sonore dans tous les domaines : il a fait évoluer ses méthodes d’enregistrement et a aussi modifié son matériel. Encore plus pointilleux qu’auparavant, il s’est attelé à créer ses propres effets pour guitares. Cela force le respect et montre l’intégrité totale du monsieur. Et comme à son habitude, pour l’élaboration de ses chansons, il a suivi sa voie intérieure, sans donner de réelles explications. Car toute oeuvre de Demians doit s’approprier et s’interpréter à l’aune de sa propre imagination et de ses émotions.

En quatre ans, l’homme dans son laboratoire d’expérimentations sonores s’est perdu dans la musique pour mieux se retrouver. Et les progrès sont sidérants. La voix, tout d’abord, a pris de l’expérience et le chant se fait plus varié, plus expressif. « Circles Stars » en est un brillant exemple avec des passages tantôt ronronnants, tantôt plaintifs, mais qui savent aussi être plus énergiques et écorchés. Puis arrive « Water Asigh » qui montre, là encore, les grands talents de chanteurs de Nicolas Chapel. L’intensité de la voix se fait plus retenue, mais gagne en émotions.

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La maîtrise des arrangements et des effets sonores a fait aussi un bond en avant. Malgré leur apparente simplicité, les compositions de Nicolas Chapel font preuve d’une grande recherche dans l’écriture pour aller à l’essentiel, sans fioritures. Il a travaillé chaque détail, épuré chaque passage pour aboutir, dans chacun de ses morceaux, au juste équilibre entre richesse et simplicité. « Spellbound Lilly » déploie des trésors de sonorités, mais qui se découvrent avec parcimonie et jouent avec nous, chaque voile de vibration se couvrant, se découvrant, dans un voyage sensoriel intense. Même si chaque chanson est subtilement écrite, Demians ne renonce toutefois pas au côté direct du style rock, « Little Invisible » en est le plus fort exemple. Il pourrait même paraître comme incongru au milieu de toute cette finesse. Mais sur sa fin, les arrangements plus subtils arrivent et transportent ce morceau vers les astres.

Je ne vais pas décrire chaque chanson, mais chacune renferme des pépites d’ingéniosité et des trésors d’émotions. De manière complètement subjective, « Water Asigh » est l’acmé de cet album : un chant riche et varié, une ballade lancinante et mélancolique, une guitare au son rond et chaud dans laquelle s’entremêle une basse discrète qui contient sa force. Et « Swan Song » conclut l’album sur une note mélancolique sublime. Au final, il ne faut pas prendre Mercury pour un recueil de chansons mais comme un ensemble cohérent, pensé comme une œuvre complète, et l’écouter les yeux fermés pour se laisser emporter par toutes ces émotions.

Sur tous les aspects musicaux et conceptuels, Mercury est l’album de la maturité, qui mérite amplement un coup de coeur. Au regard de l’évolution des compositions sur trois albums, on ne peut qu’attendre la suite avec impatience. Vivement Battles, qui devrait sortir au cours du second semestre 2016!

Guillaume Beauvois

http://www.demians-music.com

Également disponibles, Construire l’empire Demians parties I & II.

Mercury
Demians
2014
Autoproduction

Un commentaire

  • Dany Larrivée

    wow, génial… j’adore la voix de Chapel. Et la guitare, dans le ton de ‘True Detective’ et des films noirs engénéral; j’achète ! C’est du bon!

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