Arena – Double Vision

Double Vision
Arena
Verglas
2018

Arena – Double Vision

Arena Double Vision

Ce neuvième album des Anglais reprend l’intrigue là où l’excellent The Visitor (1998) l’avait laissée. Même si ce disque n’atteint jamais les sommets de son illustre ancêtre, il jouit néanmoins de cet atout majeur : la voix magnifique du « nouveau » chanteur Paul Manzi, dont nous avons déjà passablement parlé dans le Live report – Arena The Visitor (Z7 Konzertfabrik Pratteln). Les sept titres de Double Vision bénéficient d’une excellente production, comme à l’accoutumée. Les compositions restent solides et les envolées de guitare du grand John Mitchell, toujours aussi élégantes. Cependant, nul besoin d’être prophète pour avouer que cette sortie ne bénéficiera jamais du statut culte tant envié de la première visite progressive d’il y a vingt ans.

Arena Double Vision band2

Déjà, les temps ont changé. La parution d’une nouvelle œuvre des ténors du genre ne déchaîne plus les passions comme alors. Aujourd’hui, ce sont Steven Wilson, Opeth ou Gazpacho que l’on attend fébrilement au tournant. Pas des vieux briscards anglais, tenants de la geste néo-progressive. Cela dit, s’il semble évident que la prise de risque n’est pas l’apanage d’Arena, admettons que la qualité se présente toujours au garde-à-vous. Le guitariste, par ailleurs tête pensante de Lonely Robot, The Urbane, Kino et Frost* et successeur du génial Francis Dunnery dans It Bites, pourrait essayer de faire profiter Arena de ses multiples ouvertures musicales. Las, on sait tous que la formation reste pilotée par ses deux leaders Mick Pointer (ex-Marillion) et Clive Nolan (Pendragon, Shadowland, Caamora, etc.) et que le père Mitchell doit s’y plier, souvent pour le meilleur, il faut bien l’avouer.

Arena Double Vision band1

Allons droit au but : Double Vision ne deviendra pas un classique. C’est écrit. De plus, il ne bénéficie plus de l’effet « nouveau chanteur » qui avait assis l’auditoire avec The Seventh Degree of Separation en 2011. Des compositions de grande qualité, comme « The Mirror Lies », à l’ambiance très Porcupine Tree, ou « Scars » aux soli de guitare bouleversants, suffiront au bonheur du connaisseur. Mais, à l’instar du précédent The Unquiet Sky (2015), ce disque se contente de proposer sept titres d’excellente facture (dont le dernier qui compte à lui-seul plus de vingt-deux minutes au compteur) qui prouvent que depuis l’essai inaugural de 1995 (Songs from the Lions Cage), la troupe entretient fièrement la flamme tout en restant dans l’arène. Relevons, pour la mauvaise bouche, l’illustration particulièrement laide de pochette. Pire que celle d’Immortal, en 2000. C’est dire ! On comprend cependant aisément que le groupe n’ait pas souhaité proposer un photomaton comme vitrine.

Christophe Gigon

http://www.arenaband.co.uk/

http://www.arenaband.co.uk/media-page/

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